Le côté Hazy frappe directement au nez, on est sur un fruité tropical relativement classique. La bouche est amère. Dommage toutefois que cette amertume ne soit pas plus percutante. Ici, on a vraiment l’impression d’être sur quelque chose d’un peu piquant et épicé, ce qui ne correspond pas vraiment aux levures troubles propres aux New England IPA. Il y a quelque chose de peu rationnel dans cette boisson. Lors de la dégustation, on dirait vraiment que certaines saveurs ne sont pas à leur place, ce qui est un peu étrange. Toutefois, il ne faut pas se méprendre, même si elle n’est pas exceptionnelle, il s’agit d’une bonne bière.
Smooth Talker – Lervig Brewers (Wild Ale – Flavored)
Alors, oui, primo, on sent la mangue et les fruits de la passion et, deuxio, on goûte bien ces deux éléments. Mais, au-delà, peut-on parler d’une grande bière ? Malheureusement pas. L’acidité est moyennement maîtrisée et le fruité (bien que soyeux) est loin d’être tranchant. La fin de bouche est peu marquée, le corps est quelconque et on oublie vite les saveurs de la dégustation.
Born And Raised – Brouwerij Frontaal (Stout – Imperial Pastry)
Quelle agréable et réconfortante odeur de cake au chocolat ! Les effluves de brownies et de gâteau cacaoté viennent directement titiller les narines. Que c’est doux ! Malgré la robustesse de cet Imperial Stout, les saveurs (marqués) sont comme des caresses nostalgiques dans le palais. Elles rappellent un copieux goûter chocolaté. La promesse du mudcake est réalisée sans difficulté et l’équilibre est plus qu’appréciable.
Un logo extrêmement stylé pour accompagner une Double IPA aux saveurs affirmées. On est sur des effluves costauds de houblons résineux qui rappellent les fruits amers. En bouche, il est indéniable de constater que les goûts sont profonds et que l’amertume est bien là. Les fruits exotiques et le houblon amer ne peuvent être ignorés. Reste toutefois un équilibre un peu précaire au niveau de la puissance alcoolique. Personnellement, je la trouve un peu trop forte pour prétendre à l’excellence.
Squiggles – Outer Range Brewing Company (IPA – New England)
Les odeurs de houblons aromatiques sont bien présentes au nez. On est sur le fruité exotique (mangue et pêche) et le résineux amer. En bouche, le mix précité est fort présent. On a la possibilité de goûter à la fois à de l’amertume puissante (herbale et résineuse) ainsi qu’à une gouleyance notable. Quelques touches de fruits ci et là. Une très bonne IPA de style New England. Pas de défaut majeur.
Rodenbach Caractère Rouge – Brouwerij Rodenbach (Wild Ale – Red Flanders Flavored)
Couleur rouge prononcée. Effluves de fruits rouges et d’acidité. On sent vraiment la Red Flanders avec ses tannins tranchants développés en foudres de chêne. Acidité légère en bouche, rehaussée par les fruits rouges (cerises, framboises et canneberges) qui amènent la touche intéressante du breuvage. Une fois n’est pas coutume, on a un fruité qui s’intègre parfaitement au corps de la bière et qui en renforce les qualités sans pour autant toucher à la base de cette Red Flanders. L’acidité tannique est ainsi soutenue par le côté sûr des baies rouges qui amènent également une douceur non superflue. Développée en 2011 en collaboration avec le chef Viki Geunes (2 étoiles Michelin), cette nouvelle pépite de la gamme Robenbach mérite bien le détour.
Proposée dans les grandes surfaces (notamment par la chaîne de magasins Colruyt) début novembre 2011, j’ai réussi à mettre la main sur une Westvleteren XII de l’époque.
La dégustation
Avec une sortie en magasin en novembre 2011 et une date de péremption en mars 2014, autant dire que la bière a eu lieu le temps de mûrir. Et que le tout n’est pas désagréable. Alors, à la dégustation, on sent que le breuvage a perdu de sa puissance et que son âge d’or est passé. Mais le nez offre des arômes sympathiques de sucre candi et l’alcool de fruits trop mûrs. Cassonade en bouche également. Mais surtout des touches de Porto rouge qui sont apparues avec l’âge. Le tout est agréable et se déguste avec un certain plaisir…
Toujours la meilleure bière du monde ?
Clairement pas. Comme expliqué ci-avant, plus de 7 années après la date de péremption indiquée, la bière n’est de toute évidence plus à son apogée. Les effluves et les saveurs ont inévitablement perdu de leur puissance et la madérisation de la bière lui a donné un goût un peu moins complexe.
Après, au-delà de cette considération sur le mûrissement de cette bière de légende, reste la question de savoir si même à son âge d’or, le breuvage peut être considéré comme une des meilleures bières du monde. Si vous suivez ce blog depuis un petit temps, vous savez que la réponse est négative. En effet, si la bière est de (très) bonne composition, je pense que son statut de légende n’est due qu’à sa rareté à l’obtenir et au mysticisme qui entoure son acquisition…
Black On Both Sides – Funky Fluid (IPA – Double Black)
On est vraiment dans les codes de la Black IPA. En effet, si la bière présente une couleur sombre à cause des malts grillés utilisés, les marqueurs sont indubitablement ceux de l’IPA classique. Nez fort résineux de houblon un peu suranné, corps à l’amertume herbale et résineuse fort prononcée. On y est vraiment. Toutefois, si la sensation de puissance peut être captivante, elle manque tout de même de subtilité pour prétendre à autre chose qu’une bombe houblonnée sans prétention. Alors, ce n’est certes pas une mauvaise bière (c’est même bon) mais ce n’est pas non plus la bière du mois.
Odeurs fort agréables de purée de framboises et de myrtilles. En bouche, c’est tellement bon. On est sur de l’acidité de sour (due aux levures sauvages utilisées) et de fruité naturel extrêmement savoureux. On a vraiment l’impression de manger du fruit tout en naviguant sur un océan de douceur façon marshmallow et vanille. Les fruits viennent et reviennent dans le palais. Tantôt sous leur forme sucrée, tantôt sous une consistance plus acidulée, mais l’ensemble toujours avec ce mix entre soyeux et goûteux. Les saveurs (véritables) sont accompagnées par une drinkability incroyable. Classique.
12 Drummers Drumming – The Bruery (Strong Ale – Blend)
Pour cette série de bières pour Noël (elle est la dernière de la gamme de douze) proposée par The Bruery, on termine avec un blend composé de 80% de Quad belge et de 20% de Old Ale mûrie en fûts ayant contenu du bourbon. Clairement, les odeurs de la Quadruple sont dominantes. On est sur du malt grillé, des fruits noirs trempés dans l’alcool et de la bonne odeur de fermentation. La bouche offre une saveur longue de caramel/toffee et de liqueur de fruits secs qui perdure dans le palais. Une très bonne de manière de fêter les douze coups de minuit.