5-Alarm Chili Beer – Hoppin’ Frog Brewery (Flavored – Chili)
Couleur brune aux reflets rougeâtres. Pas de mousse ou presque. Des épices au nez, cumin et cannelle dans un premier temps, Tabasco dans un second. Ça sent clairement le piquant. Mais sans aucune comparaison avec ce qui va suivre. Après un léger goût de malt grillé, c’est le piment puissant qui s’incruste dans la dégustation. On est sur des piments rouges costauds qui collent à la bouche très longtemps après la dernière gorgée. C’est du feu liquide. Ça arrache littéralement la bouche. Les papilles gustatives sont détruites. Et ça continue toujours à chauffer en bouche. Et à faire mal à l’estomac. Sans rire. Impossible de terminer la bouteille, même à deux… On évite la note minimale parce que le but recherché est atteint : les gars ont quand même réussi à faire la bière la plus pimentée de tous les temps…
On se retrouve pour ce cinquième épisode du Bullshit de Ratebeer avec une série de trois bières qui me semblent nettement sous-cotées, et ce de manière injuste et surtout incompréhensible…
Je ne peux pas décemment dire qu’il s’agit de la meilleure bière que j’ai bue chez les brasseurs de Brewski mais, de toute évidence, elle n’est pas mauvaise. Une APA somme toute assez classique mais qui manque un peu de percussion pour s’installer définitivement dans la catégorie des bonnes bières. Mais clairement pas un breuvage qui fleure avec les 50/100.
Je pense que chez Ratebeer, on a un peu de mal avec les produits de Staggeringly Good. Après la LABA, c’est au tour de la Staggersaurus d’en faire les frais. Si, au contraire de la première, elle n’est certainement pas une bière de top qualité, elle n’est pas dégoûtante au point de mériter moins de la moitié. Il manque certes du goût dans cette IPA jurassique mais de là à la qualifier de dégoûtante, il y a un pas à ne pas franchir. Mais sur Ratebeer, on aime franchir vite certains pas…
Lors de la dégustation à l’aveugle, la Ginette Blonde est ressortie avec la mention correcte. Il ne s’agit pas d’une bière exceptionnelle mais elle n’est pas pour autant mauvaise, présentant certaines saveurs peu habituelles et assez agréable. De toute évidence, pas une bière mauvaise ou dégoûtante. Le gros couac, c’est que, d’une part, elle n’est pas issue d’une brasserie « connue » ou médiatisée, et que, d’autre part, le marketing et le packaging entourant cette Ginette (d’ailleurs, ce nom sonne la Belgian Ale no-name qu’on peut trouver dans un supermarché obscur) pue le retard de vingt ans sur ce qui se fait actuellement dans un monde brassicole qui évolue très vite. Deux défauts rédhibitoires sur Ratebeer. Puisque, vous le savez maintenant, c’est bien sur ce site que les dégustations se font plus souvent à l’oeil qu’avec la bouche. Quand l’étiquette et le nom sur une bouteille a plus d’importance que ce qu’il y a dedans. Navrant.
Vous reprendrez bien une rimballe de notes démesurées et surtout hors de proportion avec les bières dégustées ci-dessous ?
A nouveau, un magnifique exemple de comment la renommée d’une bière peut influencer la note qu’on lui donne. A fortiori quand, en plus, il s’agit d’une trappiste belge. Alors, clairement, je ne vais pas vous dire que la Westmalle Tripel est une mauvaise bière mais je suis convaincu que, jamais, elle ne mérite une note de 100 ou de 99. Pour vous en convaincre, faites tout simplement une dégustation à l’aveugle et vous comprendrez que cette Triple n’est que bonne… Mais en aucunement excellente. A un moment donné, il faut quand même sortir le carton jaune lorsqu’une bière empeste l’alcool fort et ne se boit que par petites gorgées…
J’ai toujours eu du mal à comprendre cette fascination pour la gamme des Bush de chez Dubuisson, qui jouit surtout d’une excellente réputation outre-Atlantique. Si je dois concéder que les créations Premium (Bush de Nuits, de Charmes) présentent des caractéristiques fort agréables, les bières dites basiques sont tout de même loin d’être inoubliables. Et si la version de Noël est sans conteste plus digeste que la version Blonde ou Classique (au corps éthérique fort marqué), elle n’offre finalement que des saveurs que l’on peut qualifier de correctes. Sans plus. Les malts grillés se mélangent aux fruits noirs macérés dans l’alcool et le tout offre une boisson réchauffante, propice à la saison hivernale. Comme tant d’autres bières du même acabit…
Autant je peux être parfois sévère lors de la cotation de certains styles de bières (Belgian Ale, IPA et autres), autant je trouve que je suis assez permissif en ce qui concerne toutes les Sour Ale et les Farmhouse un peu acides. J’ai en effet un petit faible pour ce type de bière aux saveurs variées et à la drinkability importante. Mais, là, difficile d’être dithyrambique à la dégustation de cette bière, pourtant perçue comme un classique aux États-Unis d’Amérique. Les saveurs et goûts sont peu marqués, le corps manque de caractère et l’ensemble est loin de marquer les esprits. On fait clairement mieux en matière de Farmhouse Ale à l’américaine. A titre d’exemple, une création banale de The Bruery a infiniment plus de classe que cette Elle de Jackie O’s qui, pour moi, ne rentre définitivement pas dans la catégorie des 80+. Alors de là à noter le truc a plus de 98/100, je pense qu’on est dans le fanboyisme (ou la stupidité, au choix) le plus profond.
Cheesecake Island – Pohjala (Porter – Imperial Baltic Flavored)
Un nouveau gros pari réussi chez nos brasseurs estoniens préférés. On respire vraiment le cheesecake avec ses touches lactées et son zeste de citron. Le goût de ce dessert est vraiment réel et loin d’être artificiel. La bouche vogue sur le côté chocolat du Porter ainsi que sur le côté vanillé et fromage blanc. On est sur du très lourd. Le côté sucré pourra rebuter les aficionados des Porters et Stouts bruts et amers mais, sincèrement, dans ce type de bière de dessert, il n’y a rien de choquant à goûter un peu de sucré. Surtout que cet aspect est loin d’être écrasant et que l’équilibre est tout de même au rendez-vous.
Honnêtement, cette dernière variation de leur classique Imperial Stout ne me convient que moyennement. Au lieu de proposer un goût affirmé de noisettes (puisqu’il s’agit quand même de l’ajout principal de cette version de la Pime Oo), on reste coincé dans un Stout liquoreux à l’ABV peut-être trop élevé et surtout trop perceptible. C’est tout de même dommage. On ne retrouve que trop peu la gourmandise des noisettes ainsi que le côté amer-torréifié du malt mais plutôt quelque chose de fort, de liquoreux et de sans doute un peu trop monolithique. Pas mauvaise mais certainement pas aussi fantastique que le prétendent certains sites Internet spécialisés.
Les bières se suivent et se ressemblent chez les Estoniens de Pohjala. La cannelle utilisée lors du brassin est directement perceptible au nez. Pour celui qui aime ce condiment, il y a de quoi être satisfait. Et que ce soit au nez ou en bouche, les saveurs épicées de la cannelle sont bien représentées et se marient avec harmonie avec les touches chocolatées et torréfiées du Porter. Et si les fèves Tonka utilisées sont moins présentes, le breuvage présente des avantages indéniables en matière de gouleyance, ce qui est très appréciable pour un Porter.
Romarin explosif au nez. On peut dire que ladite épice remporte la totalité des saveurs nasales. En bouche, c’est plus la rhubarbe qui prend le relais. Ses saveurs fruitées et aigrelettes se marient très bien avec l’acidité proposée à la dégustation. Néanmoins, l’équilibre des saveurs n’est pas optimal et derrière les goûts de romarin (au nez) et de rhubarbe (en bouche), on peine à retrouver les marqueurs de la Gose. Bien sûr, on ne pourra pas dire que la bière est mauvaise mais il manque vraiment quelque chose d’essentiel pour franchir le plafond de verre.
Stagger Saurus – Staggeringly Good Brewery (IPA – International)
Couleur jaune très claire et très trouble. Les odeurs au nez sont résineuses et herbales. On sent clairement bien le houblon, et c’est plutôt agréable. Dommage que le corps ne suive pas cette voie et se contente de nous offrir quelque chose d’un peu fade et sans caractère. Finalement, on est sur de l’amer léger et aqueux avec des sensations oubliables. Même si je suis un grand fan du design de cette brasserie anglaise, il faut tout de même admettre que cette proposition n’est pas des plus alléchantes.
J’ai rarement des critiques négatives à formuler à propos des créations de Brewski. A nouveau, cette règle un peu immuable se confirme. Le nez est celui des houblons résineux et herbeux. Les odeurs sont assez fortes, ce qui est sympa pour une APA. En bouche, on reste sur ces goûts plus ou moins marqués. Et qu’importe si on perd un peu en légèreté. Le breuvage dégusté reste correct et indubitablement bon, même si on ne peut clairement pas franchir le palier des 90+.
Les fruits tropicaux sont bien présents au nez. On navigue entre les mangues sucrées et les ananas. Le côté sucré qui est assez dominant en première bouche devient vite plus herbacé et résineux. C’est alors le règne des épines de pin et des houblons résineux. Nonobstant une astringence peu agréable, le breuvage passe crème et la dégustation se passe avec beaucoup de plaisir.