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Qu’est-ce qui fait une grande IPA ? – # 3

Dans l’article précédent, vous avez eu l’occasion de constater que, qu’importe le style utilisé, il est parfaitement possible de réunir les deux critères dont nous avons eu l’occasion de parler dans le premier article de cette série et de sortir une grande IPA. Dans ce dernier article, on va s’attarder sur d’autres IPA qui n’ont de toute évidence pas réussi à s’imposer comme de grandes IPA ou même comme de bonnes IPA…

Comme quoi même les meilleurs brasseurs peuvent se planter. Si, sans conteste, avec un ABV de 2,2, le deuxième critère (celui de la gouleyance) est respecté à la lettre, le premier critère est totalement absent. A aucun moment, le houblon n’est mis en avant. On a juste une amertume légère un peu piquante et surtout quelconque en bouche. C’est clairement insuffisant. Seul le critère de drinkability est respecté. Pas grande IPA.

L’exemple ici est un petit peu plus interpellant que le précédent car on est clairement face à une bière qui est correcte et qui pourrait même être qualifiée de bonne par certaines personnes. Mais la question de cet article n’est pas de définir une bonne IPA mais bien une grande IPA. Dans cette optique, il faut apprécier si le houblon est bien mis en valeur. Et la réponse n’est pas inconditionnelle. Oui, on sent le houblon mais est-ce qu’il est vraiment placé sur un piédestal ? La réponse est malheureusement non. Au niveau de la gouleyance, le questionnement doit rester le même. Est-ce que la bière se boit ? Oui. Est-ce qu’elle est drinkable ? Non. Les deux critères ne sont pas totalement respectés. Pas grande IPA.

Et enfin, pour finir cet article, une TIPA issue de ce qu’on pourrait dire une (très) bonne brasserie. Alors, au niveau du critère des saveurs, pas de difficulté. Le houblon est roi. Les saveurs sont puissantes, affirmées et nombreuses. Le problème, c’est que l’ensemble est difficile à boire. On est vraiment sur du concentré de houblons et ce n’est pas très agréable lors de la dégustation. Encore une fois, la question de l’équilibre (encore plus en matière de TIPA) est extrêmement important. On ne peut pas combiner tous les houblons que l’on veut pour créer des saveurs inédites et/ou puissantes sans se pencher sur la question de la drinkability du breuvage. Qu’importe les saveurs utilisées, pour faire une grande IPA, il faut que la bière reste sessionnable. Sinon on parle d’autres choses (Barleywine, Strong Ale, …). Le critère de drinkability n’est pas respecté. Pas grande IPA.

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Qu’est-ce qui fait une grande IPA ? – # 2

Maintenant que vous disposez des bases, on va passer de la théorie à la pratique. On va ainsi passer en revue certaines bières dégustées et notées sur le blog et apprécier au cas par cas s’il s’agit d’une grande IPA ou non, et pourquoi.

Pas besoin de faire des bières lourdes en taux d’alcool pour avoir du goût. Ici, on peut partir d’une simple IPA et en sortir des saveurs plus que bonnes. Le houblon est clairement là, dans le nez et dans la bouche. Il n’est pas écrasant, il n’est pas non plus exubérant mais il est distillé tout au long de la dégustation. Et c’est ce qu’on demande. Par ailleurs, le faible ABV permet une gouleyance plus qu’intéressante. Les deux critères sont respectés. Grande IPA.

Bon, si vous avez lu le blog il y a peu de temps, vous savez déjà que l’on est face à une grande bière. Les brasseurs danois de Dry & Bitter sont spécialisés dans l’IPA et leurs créations valent souvent le détour. Plus concrètement, les saveurs de houblon sont bien présentes et les goûts sont essentiellement fruités, mais amers. En bouche, l’équilibre est là et la bière passe sans problème. La difficulté relative au taux d’ABV (dû au style Double IPA) est parfaitement contournée car la bière n’est jamais lourde. Les deux critères sont respectés. Grande IPA.

Si bien souvent dans une TIPA, les saveurs houblonnées sont présentes, c’est plus au niveau de l’équilibre et de la drinkability que l’on rencontre des problèmes. En effet, le nombre de variétés de houblons utilisées et le hoprate élevé peuvent avoir une influence néfaste sur l’équilibre global de la bière. Alors, soyons honnête, ce type de bière sera inévitablement plus costaud qu’une Session IPA. C’est logique en somme. Et, a contrario, il est même idiot de croire qu’une TIPA pourra présenter une gouleyance identique à celle d’une IPA ou d’une DIPA. Le plus important en fait, c’est de vérifier si le breuvage reste agréable et facile à boire. Dans ce cas, le deuxième critère sera respecté. Si, au contraire, la bière ressemble à un jus de houblon alcoolisé, ce critère ne pourra être considéré comme rempli. Ici, dans cette bière nommée Black Hole, nonobstant l’ABV de 11, le corps reste agréable à la dégustation et même dangereusement facile à boire. Les deux critères sont bien respectés. Grande IPA.

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Qu’est-ce qui fait une grande IPA ? – # 1

Comme déjà évoqué dans un article précédent, le style IPA n’est pas un des plus simples à maîtriser. Une IPA ce n’est évidemment pas une bière pleine de saveurs houblonnées. C’est avant tout un mariage. Un mariage entre les saveurs marquées de houblon et la facilité à boire.

Saveurs marquées de houblon

Qu’on ne s’y trompe pas non plus, l’IPA c’est avant tout la bière qui fait (sans doute le plus) la part belle aux houblons. Il nous semble impératif que cette saveur, base de la bière, puisse être retrouvée facilement par le dégustateur lambda. Actuellement, la multitude de houblons différents (outre ceux créés artificiellement) permet de varier les senteurs et les goûts presque à l’infini. Fruitées, amères ou encore herbacées, les possibilités sont nombreuses mais il faut que le houblon soit au centre des débats. Que l’on ne puisse l’ignorer. Sans pour autant être étouffantes, les saveurs doivent être marquées.

Facilité à boire

A mon estime, lorsque l’on déguste une IPA, il faut que l’on puisse le faire à n’importe quel instant. Si certains types de bière s’associent mieux avec certains moments de la journée ou certaines occasions (un Barleywine en fin de repas, une Dark Ale en hiver, une blanche avec des fruits de mer), ce n’est pas vraiment le cas de l’IPA. Alors, oui, bien évidemment, ce type de bière fait d’excellents foodpairing avec des plats épicés ou avec certains mets aux saveurs relevés. Mais il a pour caractéristique majeure de pouvoir se déguster à tout moment, un peu comme un Lager. C’est cette caractéristique qui me semble indispensable pour couronner une grande IPA.

Différents styles de IPA

Avec la démocratisation de la bière et l’expansion de microbrasseries toujours avides de proposer des saveurs nouvelles, on se retrouve actuellement avec de nombreux styles d’IPA. À mon humble avis, les critères explicités au-dessus ne changent pas en fonction du style proposé. Que ce soit une IPA américaine, belge ou encore Hazy, à mon estime, il faut impérativement que les deux critères précitées s’y retrouvent. Bien évidemment, les problèmes rencontrés seront donc différents en fonction du type d’IPA. Dans un modèle simple, le critère de drinkability sera évidemment beaucoup plus vite rempli que dans des triple IPA. Dans ces dernières, le critère de goût ne devrait par contre pas poser de problème mais l’équilibre global sera sans doute plus difficile à respecter pour offrir au final un produit rafraîchissant. Qu’à cela ne tienne, à mon humble avis, si vous cherchez une grande IPA, qu’importe la catégorie dans laquelle elle se trouve, il faut impérativement que les deux critères soient parfaitement rempli…

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Le bullshit de Ratebeer – #5

On se retrouve pour ce cinquième épisode du Bullshit de Ratebeer avec une série de trois bières qui me semblent nettement sous-cotées, et ce de manière injuste et surtout incompréhensible…

Je ne peux pas décemment dire qu’il s’agit de la meilleure bière que j’ai bue chez les brasseurs de Brewski mais, de toute évidence, elle n’est pas mauvaise. Une APA somme toute assez classique mais qui manque un peu de percussion pour s’installer définitivement dans la catégorie des bonnes bières. Mais clairement pas un breuvage qui fleure avec les 50/100.

Je pense que chez Ratebeer, on a un peu de mal avec les produits de Staggeringly Good. Après la LABA, c’est au tour de la Staggersaurus d’en faire les frais. Si, au contraire de la première, elle n’est certainement pas une bière de top qualité, elle n’est pas dégoûtante au point de mériter moins de la moitié. Il manque certes du goût dans cette IPA jurassique mais de là à la qualifier de dégoûtante, il y a un pas à ne pas franchir. Mais sur Ratebeer, on aime franchir vite certains pas…

Lors de la dégustation à l’aveugle, la Ginette Blonde est ressortie avec la mention correcte. Il ne s’agit pas d’une bière exceptionnelle mais elle n’est pas pour autant mauvaise, présentant certaines saveurs peu habituelles et assez agréable. De toute évidence, pas une bière mauvaise ou dégoûtante. Le gros couac, c’est que, d’une part, elle n’est pas issue d’une brasserie « connue » ou médiatisée, et que, d’autre part, le marketing et le packaging entourant cette Ginette (d’ailleurs, ce nom sonne la Belgian Ale no-name qu’on peut trouver dans un supermarché obscur) pue le retard de vingt ans sur ce qui se fait actuellement dans un monde brassicole qui évolue très vite. Deux défauts rédhibitoires sur Ratebeer. Puisque, vous le savez maintenant, c’est bien sur ce site que les dégustations se font plus souvent à l’oeil qu’avec la bouche. Quand l’étiquette et le nom sur une bouteille a plus d’importance que ce qu’il y a dedans. Navrant.

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Le bullshit de Ratebeer – #4

Vous reprendrez bien une rimballe de notes démesurées et surtout hors de proportion avec les bières dégustées ci-dessous ?

A nouveau, un magnifique exemple de comment la renommée d’une bière peut influencer la note qu’on lui donne. A fortiori quand, en plus, il s’agit d’une trappiste belge. Alors, clairement, je ne vais pas vous dire que la Westmalle Tripel est une mauvaise bière mais je suis convaincu que, jamais, elle ne mérite une note de 100 ou de 99. Pour vous en convaincre, faites tout simplement une dégustation à l’aveugle et vous comprendrez que cette Triple n’est que bonne… Mais en aucunement excellente. A un moment donné, il faut quand même sortir le carton jaune lorsqu’une bière empeste l’alcool fort et ne se boit que par petites gorgées…

J’ai toujours eu du mal à comprendre cette fascination pour la gamme des Bush de chez Dubuisson, qui jouit surtout d’une excellente réputation outre-Atlantique. Si je dois concéder que les créations Premium (Bush de Nuits, de Charmes) présentent des caractéristiques fort agréables, les bières dites basiques sont tout de même loin d’être inoubliables. Et si la version de Noël est sans conteste plus digeste que la version Blonde ou Classique (au corps éthérique fort marqué), elle n’offre finalement que des saveurs que l’on peut qualifier de correctes. Sans plus. Les malts grillés se mélangent aux fruits noirs macérés dans l’alcool et le tout offre une boisson réchauffante, propice à la saison hivernale. Comme tant d’autres bières du même acabit…

Autant je peux être parfois sévère lors de la cotation de certains styles de bières (Belgian Ale, IPA et autres), autant je trouve que je suis assez permissif en ce qui concerne toutes les Sour Ale et les Farmhouse un peu acides. J’ai en effet un petit faible pour ce type de bière aux saveurs variées et à la drinkability importante. Mais, là, difficile d’être dithyrambique à la dégustation de cette bière, pourtant perçue comme un classique aux États-Unis d’Amérique. Les saveurs et goûts sont peu marqués, le corps manque de caractère et l’ensemble est loin de marquer les esprits. On fait clairement mieux en matière de Farmhouse Ale à l’américaine. A titre d’exemple, une création banale de The Bruery a infiniment plus de classe que cette Elle de Jackie O’s qui, pour moi, ne rentre définitivement pas dans la catégorie des 80+. Alors de là à noter le truc a plus de 98/100, je pense qu’on est dans le fanboyisme (ou la stupidité, au choix) le plus profond.

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Une Westvleteren XII de 10 ans…

Proposée dans les grandes surfaces (notamment par la chaîne de magasins Colruyt) début novembre 2011, j’ai réussi à mettre la main sur une Westvleteren XII de l’époque.

La dégustation

Avec une sortie en magasin en novembre 2011 et une date de péremption en mars 2014, autant dire que la bière a eu lieu le temps de mûrir. Et que le tout n’est pas désagréable. Alors, à la dégustation, on sent que le breuvage a perdu de sa puissance et que son âge d’or est passé. Mais le nez offre des arômes sympathiques de sucre candi et l’alcool de fruits trop mûrs. Cassonade en bouche également. Mais surtout des touches de Porto rouge qui sont apparues avec l’âge. Le tout est agréable et se déguste avec un certain plaisir…

Toujours la meilleure bière du monde ?

Clairement pas. Comme expliqué ci-avant, plus de 7 années après la date de péremption indiquée, la bière n’est de toute évidence plus à son apogée. Les effluves et les saveurs ont inévitablement perdu de leur puissance et la madérisation de la bière lui a donné un goût un peu moins complexe.

Après, au-delà de cette considération sur le mûrissement de cette bière de légende, reste la question de savoir si même à son âge d’or, le breuvage peut être considéré comme une des meilleures bières du monde. Si vous suivez ce blog depuis un petit temps, vous savez que la réponse est négative. En effet, si la bière est de (très) bonne composition, je pense que son statut de légende n’est due qu’à sa rareté à l’obtenir et au mysticisme qui entoure son acquisition…

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CTN – L’Orval – # 2

Le problème avec une bière comme l’Orval qui est connue dans le monde entier et qui jouit d’une réputation plus qu’enviable, c’est qu’il est difficile d’avoir un avis objectif. La seule solution ? La dégustation à l’aveugle.

Premier test – avec un amateur

Pour la première dégustation à l’aveugle, j’ai proposé une série de trois bières incluant un Orval et deux bières de la brasserie suédoise Beerbliotek. La Pale Ale de style américain nommée Moment of Clarity et une Double IPA Satsumas for Boomers. La première est une APA de très bonne composition avec des houblons américains aromatiques mais tout de même assez légers. Un goût relativement faible mais plutôt bien équilibré. La seconde n’est par contre pas équilibrée. C’est une I2PA aux arômes forts marqués mais à l’alcool trop présent. Pour ce qui est du « cobaye », il s’agit d’un individu lambda qui a évidemment déjà eu l’occasion de goûter de l’Orval et d’autres styles de bières (souvent de type belge mais parfois étrangers et plus avant-gardistes) mais qui n’est pas nécessairement en mesure d’identifier chaque style de bière.

Lors de la dégustation, et alors que l’individu est fondamentalement habitué à des bières de type belge, il désigne à l’aveugle l’Orval comme la plus mauvaise des bières proposées, allant jusqu’à lui donner une note de 5/10. Il retient les arômes puissants de l’I2PA suédoise (qu’il classe en premier avec une note de 8/10) et reconnaît que la Moment of Clarity est assez drinkable. Surprise bien évidemment totale lorsqu’il découvre que la bière qu’il a classé en dernière position est cette trappiste qu’il considèrait jusque là comme une des meilleurs bières au monde.

Second test – avec un connaisseur

Dans ce second test avec quelqu’un qui a l’habitude de boire de la bière, et bien souvent des créations artisanales issues de brasseries souvent innovantes, je présente un panel constitué de ce fameux Orval, d’une Belgian Pale Ale basique en la personne d’une Tongerlo Lux et d’une Pale Ale américaine très correcte, soit la Foggy de la brasserie française Hoppy Road. Le trio est beaucoup plus homogène sur le papier, on a deux Belgian Pale Ale (l’Orval et une bière qui a été considéré par le World Beer Award comme la meilleure de sa catégorie il y a quelques années) et une American Pale Ale dans la norme.

Après cette dégustation à l’aveugle, le constat est assez clair : aucune des bières dégustées n’a le niveau pour venir s’imposer dans la catégorie des 90+. Hormis la Tongerlo Lux qui est rapidement identifiée comme une Belgian Pale Ale assez moyenne, les deux bières restantes sont évaluées toutes deux à une note globale de B. La Foggy est louée pour ses arômes aromatiques de houblons fruités. Une bonne bière facile à boire et aux saveurs cohérentes mais sans plus. Bien qu’elle soit décrite comme une bière bonne, le dégustateur n’est pas aussi emballé que moi qui y voit là une APA de qualité supérieure. Mais il la classe première sur les trois bières dégustées. L’Orval arrive seconde. Le dégustateur explique qu’il en a déjà goûté, qu’il reconnaît le goût mais qu’il ne peut donner précisément un nom. Il lui donne tout de même une note correcte mais aucunement stratosphèrique. Après révélation des bières dégustées, il explique, de manière tout a fait transparente, qu’il aurait certainement donné une note plus élevée s’il avait su que c’était de l’Orval.

Cette expérience, même effectuée à l’échelle microscopique, aura permis de mettre en évidence deux choses : d’une part, à l’aveugle, l’Orval n’est jamais considérée comme une bière exceptionnelle mais comme quelque chose de bon ; d’autre part, la réputation de la bière et l’aura un peu mystique qui l’entoure joue un rôle important dans l’overrating permanent dont jouit cette bière trappiste.

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CTN : L’Orval – # 1

Dans la série Calme Ta Note, on va ici s’attarder sur une bière trappiste dont la réputation a depuis longtemps dépassé les frontières du Royaume de la Belgique.

Les notes

99 en global et 100 en style sur le site Ratebeer, avec une nomination dans le Top 50 des meilleures Belgian Pale Ale de tous les temps. Une note de 94 sur Beeradvocate.

La réalité

Que l’on considère l’Orval comme une bonne bière n’a évidemment rien de choquant puisque ce constat est vrai. Que l’on considère ce breuvage comme le Graal absolu est par contre une hérésie à mes yeux puisqu’il n’a rien d’outstanding à proprement parler. Si le corps est amer et la finale sèche à souhait, le breuvage n’a rien de transcendant par rapport à d’autres bières de moindre notoriété. En toute honnêteté, il n’y a réellement rien dans cette bière que l’on ne puisse trouver (en mieux) ailleurs.

Si le côté un peu aigrelet amené par les levures Brettanomyces et qui amène de la complexité au breuvage pouvait peut-être surprendre il y a quelques décennies, ce n’est plus le cas à l’heure actuelle où bon nombre de bières exceptionnelles et inédites voient le jour plus que régulièrement. Le côté Brett n’a sincèrement rien d’inédit et de nombreuses bières dites de style farmhouse font bien souvent une utilisation plus adéquate de ces levures sauvages. Pour ce qui est de la maturation de l’Orval en cave (argument avancé par ses aficionados pour mettre en avant le caractère inédit de chaque dégustation), l’argument ne tient pas/plus la route. Il ne s’agit assurément pas de la seule bière dont les saveurs peuvent varier au cours du temps. Actuellement, toutes les bières destinées à la refermentation en bouteille et qui ont été brassées par quelqu’un de minimum compétent offrent une expérience différente en fonction de la durée de la maturation en cave. Pour le surplus, les arguments précités rencontrés, force est d’admettre que la bière n’a rien de réellement inédit. Âpre en bouche, touches très très légèrement acides, amertume bien amenée, mais rien de vraiment fantastique. Le genre de bière que nos grands-parents trouvent sans doute hors du commun tout en qualifiant les nouvelles IPA ou récents Imperial Stout forts en saveurs d’étranges ou de ‘weird’.

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Le top de 2012

Un petit retour dans le temps avec cette série des tops du passé avec cette fois la cuvée relative à l’année 2012. Le classement est le suivant :

• Cuvee Delphine – Brouwerij De Struise
• Red Rye Pale Ale – Founders Brewing Company
• Aardmonnik Earthmonk – Brouwerij De Struise

Un top 3 fort belge pour cette année 2012 qui fait la part belle aux grands classiques. On retrouve ici la fameuse Cuvée Delphine de la brasserie flamande De Struise qui s’avère être un blend entre les deux fleurons torréfiés des brasseurs : la Black Albert et la Black Damnation. Un équilibre incroyable pour cette bière pleine de goûts et de saveurs. On reste dans l’équilibre avec la Red Rye de Founders, relativement classique mais ô combien bien maîtrisée, entre amertume légère et gouleyance incroyable. Rien d’exceptionnel au niveau de la bouche mais le tout est extrêmement cohérent. Et, enfin, une autre bouteille de De Struise, la Aardmonnik. Une Oud Bruin à la saveur affirmée et dotée d’un corps tannique, vineux mais aussi légèrement fruité. Un véritable carton pour la microbrasserie flamande.

• Gueuze – Brasserie Cantillon
• The Fundamental Blackhorn – Hornbeer
• Overrall IIPA – To Ol Brewery
• Titan IPA – Great Divide Brewing Company
• Oak-aged Cranberry Bastard – Hornbeer
• Elixir – Birrificio Le Baladin
• Monk’s Elixir – Mikkeller

A nouveau, beaucoup de gros classiques pour cette année. On retrouve l’indémodable Gueuze de Cantillon, la très bonne IPA à la fois amère et pleine de céréales de Great Divide, l’incroyable Elixir des brasseurs italiens du Baladin (qui a été une des premières microbrasseries italiennes à vraiment se lancer dans le marché de la craftbeer), l’Overrall IIPA aux saveurs puissantes ainsi que le Monk’s Elixir (aux accents belges) de Mikkeller. Deux créations de Hornbeer viennent compléter ce top 10. Le Cranberry Bastard qui offre un équilibre appréciable entre le fruité acide de la canneberge et le corps vineux typique de la Sour. Et, enfin, le Blackhorn, un Imperial Stout puissant aux saveurs chocolatées qui a été longtemps tenu pour une des meilleurs de sa catégorie par votre serviteur.

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Le bullshit de Ratebeer – #3

Dans ce troisième article concernant le géant numérique brassicole, on va examiner brièvement des notes démesurément basses, et ce sans raison objective, et surtout sans justification.

La brasserie polonaise propose depuis peu une gamme de bières Sour aux diverses saveurs, souvent fruitées, parfois originales. Après en avoir dégusté une bonne ribambelle, je dois admettre que très peu sont décevantes. Le fruité est authentique, l’acidité bien amenée et l’équilibre est souvent au rendez-vous. Alors si cette Juicify n’est certainement pas la meilleure Sour IPA de tous les temps (ce que je concède), je ne vois pas à quelle moment on pourrait la considérer comme mauvaise. A peine plus que la moyenne pour la note globale, 40/100 pour la note de style. Ces notes sont tout simplement incompréhensibles.

Avec que des notes inférieures à 50/100, je peux affirmer sans être contredit que le site Ratebeer (et, partant, ses utilisateurs) considère cette bière comme mauvaise, si pas plus. Rien n’est plus faux que cela. Qu’on puisse dire que ce breuvage ne représente pas l’excellence (et que, partant, on lui trouve des défauts), je peux l’entendre sans difficulté. Dire qu’il est mauvais, c’est tout simplement une insulte aux brasseurs de cette LABA. Vous connaissez la critique sur le blog et, sincèrement, rien ne justifie ce bashing inutile. Au niveau saveurs, pour une ISA, on est quand même dans le haut du panier.

L’incompréhension totale. Un 6/100 en note de style. Je ne comprends pas ce foutage de gueule (à la limite les Floris et autres sodapops artificiels sont mieux notés). Surtout que, foncièrement, la brasserie allemande Sudden Death propose une gamme d’excellentes Hazy IPA, dont fait partie ce breuvage. Le comble de cette note, c’est que certaines de ses sœurs ont quasiment le même goût et qu’elles ont été notées également sur Ratebeer et avec des notes beaucoup plus élevées. Comme quoi, ça ne tient absolument pas la route les notes sur Ratebeer.