02 - 65+, 03 - Pale Ale

Bass

Bass – AB InBev
(Pale Ale – English)

Couleur ambre foncée. Nez qui ne laisse pas que du malt au nez mais aussi des odeurs artificielles peu agréables. La bouche n’a rien d’extraordinaire, entre rondeur sans perspective et sirupeux sans goût, on est vraiment dans de la bière artificielle sans plaisir. Finale avec saveurs sales et piquant peu ragoûtant.

D+

02 - 85+, 03 - Dark Ale

Westmalle Dubbel

Westmalle Dubbel – Brouwerij der Trappisten van Westmalle
(Dark Ale – Belgian Dubbel)

Le nez – sans que le côté malté ne soit pour autant discret – est dominé par les fruits rouges. Marmelade de groseille et de framboise sont ainsi bien représentées. Mais pas d’une fraîcheur estivale mais plutôt à la façon d’un cordial de fruits corsé et hivernal, façon liqueur de Chambord. L’entrée en bouche n’est, elle, pas fruitée. Elle respire la Dark Ale belge avec un malt grillé, une rondeur issue du sucre candi et une finale sèche et longue. Sans doute la meilleure des Dubbels trappistes.

B+

01 - Articles

L’avenir des Belgian Pale Ale – #2

Faut-il impérativement faire subir de nouvelles fermentations en bouteille ou en fûts à toute une série de Belgian Pale Ale ? La question était posée dans le précédent article.

La refermentation, la panacée ?

Si vous avez suivi de manière attentive les derniers articles du blog, vous savez que la réponse est bien évidemment non. Il existe toute une série de bières de style Pale Ale belge qui n’ont pas besoin de subir de nouvelles formes de fermentation pour se hisser vers les premières marches de l’excellence. L’image annexée ci-dessus de quelques produits de la brasserie Rulles en est un parfait exemple. Il existe de très bonnes Belgian Pale Ale qui n’ont pas besoin de ce type de procédé pour être de qualité. Des bières brassées avec savoir et respect des composants. Rien de bien neuf finalement…

Ça marche à chaque fois ?

A contrario, il existe toute une série de brasseurs qui ont décidé de faire mûrir leur produit phare dans des fûts afin de lui faire subir une nouvelle fermentation dans l’espoir de proposer un nouveau produit, généralement de luxe ou haut de gamme. Ce résultat est alors proposé sous une appellation nouvelle tout en mettant l’accent (parfois fortement) sur la refermentation.

La brasserie Dubuisson a été une des premières de Belgique à employer cette technique avec ses standards forts. Et le moins qu’on puisse, c’est qu’à part l’exception notable de la Bush de Nuits (et, bien, après de la Bush de Charmes), le résultat était loin d’être franchement réussi. Avant-gardiste certes mais peut-être pas révolutionnaire… En fait, on avait l’impression de boire une version un peu plus corsée du produit de base. Et c’est bien ça le problème, c’est que cela n’apportait aucune plus value.

Actuellement, des brasseurs qui procèdent à l’instar de Dubuisson sont beaucoup plus nombreux que jadis. Et on assiste à un florilège de bières (soit-disant nouvelles) qui ne sont que des versions légèrement améliorées (mais pas toujours bonifiées) du produit de base. A part pour obtenir des bonnes notes sur Ratebeer (qui semble plus noter une bière à l’étiquette qu’au goût), cela ne présente aucun intérêt. Les dégustations à l’aveugle récentes de la gamme Goliath sur ce blog confirment bien la nature du problème.

La solution ?

Dire que la refermentation (en bouteille ou en fûts) est une solution pour améliorer une Belgian Pale Ale est une erreur. Le constat est simple depuis le début : il est possible de goûter une Belgian Pale Ale « classique » de très bonne qualité et une Belgian Pale Ale refermentée en fûts à peine buvable. En effet, si la refermentation peut être une technique pour proposer une Pale Ale de qualité, il faut (à mon estime) qu’elle respecte toutefois trois règles :

1) il faut que ce procédé amène une réelle plus value au produit. Ce n’est évidemment pas juste un vague goût tannique ultra discret (qui apparaît une bouteille sur dix) mais bien quelque chose de notable qui permet à la bière de ne pas être juste une version un peu retouchée du standard utilisé comme base.

2) mais il faut conserver tout de même le goût initial de ce dernier. On ne demande évidemment pas de faire une toute nouvelle bière totalement différente mais bien une autre version.

3) et il faut surtout que la bière garde sa drinkability. Et c’est à notre sens la difficulté majeure. Quand on parle de Belgian Pale Ale, les termes qui reviennent le plus souvent, outre la générosité, c’est cette faculté à être dégustée à n’importe quel moment de la journée, à n’importe quelle occasion. Et il faut garder cela à tout prix. Proposer du goût certes mais conserver cette facilité à être dégustée, ce qui implique un ABV léger et souvent inférieur à 7.

A mon humble avis, ce n’est que de cette manière que l’on peut proposer des Belgian Pale Ale refermentées qui présentent un intérêt pour le zythologue ou encore le simple épicurien. En bref, c’est en respectant les trois principes précités que l’on peut réellement proposer quelque chose de bon.

01 - Articles

L’avenir des Belgian Pale Ale – #1

Les Belgian Pale Ale refermentées en fûts (de chêne). Un second souffle sur ce genre en décrépitude ?

Les données du problème

Si le titre se veut volontairement provocateur, il pointe un constat de plus en plus éloquent ces derniers temps : les styles classiques belges sont de moins en moins plébiscités par les beer geeks qui ont tendance à n’y voir que des archétypes qui ne se sont pas renouvelés depuis un certain temps. Et ils n’ont pas pas totalement tort.

Loin de moi l’idée de dire du mal de ce style de bière (qu’au demeurant, j’apprécie beaucoup) mais bien souvent – et à part quelques grosses tueries souvent isolées ou établies depuis des décennies – le genre est peuplé de bières quelconques. Si certaines sont bien souvent gouleyantes, rares sont celles qui sont à la fois gouleyantes et fournies en saveurs agréables. Lors de la dégustation de bières de type belge, on a l’impression qu’il faut basculer vers des Belgian Strong Pale Ale ou des Belgian Tripel (et non rester sur des Belgian Pale Ale classiques) pour y trouver du goût et des saveurs. Mais en perdant souvent une certaine forme d’équilibre.

La refermentation comme solution ?

Avec la dégustation à l’aveugle de la Barrel Aged Unionist de la brasserie californienne de Eagle Rock, une évidence est apparue : il est possible de faire de la vraie Belgian Pale légère et de lui donner une touche résolument neuve. Je vous renvoie ici à la note de dégustation que j’ai faite en son temps de cette bière et où j’explique qu’elle est indubitablement du genre des Belgian Pale Ale et qu’elle offre à la fois des saveurs intéressantes (et originales) et une facilité à boire en corrélation avec son ABV.

Alors, que fait-on ?

Mais les choses ne sont pas aussi simples : le fait de mettre en bouteille, ou encore en fûts de chêne, une Belgian Pale Ale ne lui donne pas directement des lettres de noblesse. Si cela fonctionnait de la sorte, il ne serait guère difficile, même pour le plus mauvais des brasseurs, de produire de bons produits juste en utilisant cette technique. Mais certains essayent tout de même… Ces derniers temps, on a d’ailleurs pu assister à l’émergence de nouvelles gammes de Belgian Ale ayant subi de nouvelles fermentations en fûts de chêne ou en bouteille. Mais le résultat est souvent loin d’être parfait… pour ne pas dire pire…

02 - 85+, 03 - IPA

Hej 5

Hej 5 – Dry & Bitter Brewing Company
(IPA – Triple New England)

Quelle puissance au nez ! Le houblon est là et domine l’essentiel du panel olfactif. On dirait vraiment des fruits qui ont été poussés dans leurs derniers retranchements et qui ont fini par devenir uniquement des arômes purs de sorte qu’au nez, on a un peu l’impression d’avoir affaire à du concentré de houblons. Le quintuple houblonnage à sec fait aussi son effet lors de l’entrée en bouche. Les cinq houblons différents utilisés se perçoivent et font varier les saveurs entre l’amer pur et le fruité sirupeux. Ce duel entre amer et fruité de liqueur (on ne sent pas encore trop l’alcool, ce qui est un gros point positif) perdure longtemps jusque dans l’arrière-bouche. Finale plus que longue. Un peu trop extrême pour conserver un équilibre irréprochable.

B+

02 - 90+, 03 - Dark Ale

King Of My Castle BA

King Of My Castle BA – Brouwerij Frontaal
(Strong Ale – Blend)

Impossible d’ignorer que le breuvage a été mûri dans des fûts qui ont contenu tant de l’Armagnac que du Cognac tant ces spiritueux résonnent au nez. Ce mûrissement apporte vraiment une complexité à un nez de Strong Dark Ale qui proposait, d’une belle façon, fruits noirs et liqueur sirupeuse. Ici, les touches desdits alcools amènent une rondeur, un côté un peu plus vineux et plus complexe lors de la dégustation et c’est tant mieux. Ci et là, on retrouve des touches de malt torréfié qui rappellent le blend d’Imperial Stout. Mais on sent tout de même que c’est la Strong Ale qui domine le mélange avec des goûts proches des liqueurs fortes de fruits et des tanins propres à la maturation en fûts. Finale longue qui fait perdurer l’émotion et gouleyance relative, et ce malgré l’ABV de 11. Un bon blend à siroter calmement.

A-

02 - 90+, 03 - Porter & Stout

Bearded Lady

Bearded Lady Bourbon Barrel Orange Crème Brûlée – Magic Rock Brewing
(Stout – Imperial Pastry)

Au nez, c’est la sensation de dessert liquide qui prédomine (le mûrissement en fûts de bourbon est un peu anecdotique) puisqu’on a vraiment l’intention de sentir les fameux chocolats belges qu’on appelle orangettes. La dégustation se poursuit sur un chocolat au lait sucré et liquoreux ainsi que sur des touches de sucre vanillé un peu grillé. La finale est longue comme un dessert chocolaté, entre fondant et praliné à l’orange. On en prend pour ses papilles gustatives. Manque peut-être un soupçon de crème brûlée (on ne la sent pas vraiment avec les autres saveurs) pour prétendre à l’excellence…

A-

02 - 80+, 03 - IPA

The Whole World Belongs To You

The Whole World Belongs To You – Three Hills Brewing
(IPA – New England)

Arômes classiques (mais très agréables) de houblons aromatiques. On oscille entre le résineux et le fruité tropical. En bouche, on reste dans les standards du New England IPA : aspect Hazy, amertume diffuse dans le palais et touches de houblons fruités. Reste quand même un peu trop légère en bouche pour prétendre à plus.

B-

02 - 70+, 03 - Pale Ale

CharlesRoy 350

CharlesRoy 350 – La Manufacture Urbaine
(Pale Ale – Belgian Tripel)

Des odeurs d’épices typiquement belges se font sentir rapidement. Peut-être un peu de poivre et de coriandre. Rien d’extraordinaire toutefois. On a l’impression d’avoir déjà bu une dizaine de bières de ce type mais, jamais, sans en garder un souvenir impérissable. Cette Triple ne fait pas exception. Corps banal (avec zestes d’orange qui n’amènent pas vraiment de bonus) avec peu d’originalité et avec des saveurs tout de même fort artificielles et des goûts tout de même trop sirupeux.

C

02 - 65+, 03 - Pale Ale

Tête de Mort Triple

Tête de Mort Triple – Brasserie du Bocq
(Pale Ale – Belgian Tripel)

Alors, oui le packaging et le logo sont résolument tendance mais c’est bien tout. Alors qu’on est sensé parler de Tripel un peu traditionnelle, le nez sonne déjà artificiel, avec une odeur de sirop (limite fruité) assez prononcée. La bouche n’a aucune saveur particulière, le malt et le houblon sont aux abonnés absents et la finale est sirupeuse. Rien à sauver, ou presque.

D+