4C’s IPA – Overtone Brewing Company (IPA – American)
Selon le brasseur, il s’agit de la confrontation entre les East IPA et les West IPA. Sans toutefois aller jusque là, on peut sans difficulté affirmer qu’il s’agit d’une bonne bière. Arômes de fruits tropicaux et de citron. Bouche pleine avec un houblon un peu vert mais amer comme il faut. Amertume qui se prolonge dans une finale un peu piquante. A tester avec des viandes blanches épicées.
Rage = Madness – Browar Birbant (Strong Ale – American)
Tout un programme. On nous propose à la dégustation une Strong Ale façon Barleywine, des touches fruitées de framboise et une maturation en fûts de chêne ayant contenu du whiskey. Objectivement, le tout est assez réussi. On a des saveurs olfactives intéressantes, de Barleywine, de fruits qui ont trempé dans l’alcool et de malt grillé. Le corps reste liquoreux, sucré aux fruits rouges, le tout se sirote sympathiquement. Pas exceptionnelle au vu de l’intitulé mais agréable tout de même.
Été Summer Saison – Unity Brewing (Farmhouse – Saison)
Alors oui, c’est une bonne idée que de proposer une saison aromatisée au sureau mais sincèrement, le breuvage proposé reste quelconque. Quelques arômes floraux au nez mais rien de transcendant. Corps relativement léger, un peu amer, un peu piquant avec une longueur de bouche tout de même correcte. La bière n’est pas mauvaise mais ce n’est pas elle qui représente le mieux la saison qu’est l’été. Il aurait fallu plus de fraîcheur, plus de touches herbacées pour vraiment avoir une bière de qualité sur base de ce thème.
Une nouvelle pépite des brasseurs polonais Funky Fluid et Maltgarden. Full saveurs olfactives. On y retrouve du chocolat au lait, du café pas amer du tout et du sirop d’érable. C’est très sucré, c’est très riche mais c’est pas pour autant déséquilibré. On est vraiment face à une bière de dessert. En bouche, ça se déguste, ça se sirote et on en prend énormément au niveau des goûts. Une dominance à base de chocolat et de caramel sucré accompagne la dégustation. Dans le genre Pastry Stout, c’est difficile de faire mieux.
Il s’agit d’une série de variations de la Gueuze de la brasserie bruxelloise Lindemans. Celle-ci est basée sur l’ajout d’une épice : le gingembre. Et on ne peut pas dire que cela amène réellement une plus-value. En fait, le problème se pose déjà lorsque l’on respire le breuvage : le gingembre est fort présent et éclipse l’acidité vineuse du Lambic. Cette sensation s’intensifie en bouche où le gingembre prend vraiment une place trop importante. L’équilibre est compromis et le Lambic est loin d’être vraiment intéressant.
Raspberry Halo – Cigar City Brewing (Stout – Imperial Flavored)
Quel défi que de marier les fruits rouges avec les saveurs amères de l’Imperial Stout ! Nombre de brasseurs ont déjà tenté de le relever, avec des résultats souvent variables, pour ne pas dire désastreux. Ici, le tout passe très bien et la maîtrise du brasseur est plus que perceptible. Au nez, on sent, en premier lieu, le gâteau de la Forêt Noire et, puis, en second lieu, la liqueur de Chambord à la framboise. La bouche offre des saveurs amères de chocolat et de malt torréfié. Le côté Stout n’est pas trop exacerbé (dommage ?), ça reste facile à boire et la saveur de la framboise est naturelle et surtout discrète. Ce n’est pas écoeurant (le principal risque dans ce type de bière) et le tout est très correctement équilibré.
Warmer Winter Winter Warmer 2015-2016 – Cigar City Brewing (Dark Ale – Winter Warmer)
Explosion de saveurs au nez, on est vraiment face à un pot pourri de goûts classiques d’Automne. Les saveurs olfactives sont variées : si les fruits secs sont fort présents (on y retrouve notamment de la châtaigne), elles sont accompagnées de sucre candi et de touches de fruits noirs. On est vraiment face à du barleywine-like mais avec des épices de bière de Noël. Ce mariage réussi se retrouve dans la bouche qui se déguste avec beaucoup de plaisir. C’est évidemment liquoreux, costaud mais le goût y est et la bière est vraiment de haute facture. Beaucoup de saveurs.
Couleur or pâle transparent. Le côté Sour est perceptible au nez, les arômes sont acidulés, on pense au vin blanc effervescent et aux raisins. La dégustation est sympathique, le breuvage est suret, ce côté acide perdure d’une belle manière dans le palais. Le goût est très correct (les Brettanomyces sont bien utilisées) mais reste quelque peu unilatéral. Passe très bien en tant qu’appetizer.
Mets de luxe, ce crustacé est souvent accompagné d’un vin blanc à forte minéralité (Chablis à tout hasard). Mais quid si on veut boire de la bière avec ?
La combinaison classique
S’il vous apparaît difficile de marier des mets comme les fruits de mer et la bière, vous n’avez sans doute jamais passé une journée à la Vlaams Kust. Sur la côte belge, le plus quelconque des tenanciers de café connaît l’association classique des crevettes grises avec de la Rodenbach. Il s’agit d’un mariage connu de longue date pour les amoureux des fruits de mer. Le côté acide et tannique de cette Red Flanders contrebalance à merveille le goût si particulier des crustacés. Les touches surettes accentuent, complètent et tonifient la minéralité des produits de la mer, et plus particulièrement la crevette grise au goût si concentré. Alors, certes, on est dans l’opposition des saveurs mais le tout marche très bien.
Et dans le même genre ?
A ce stade de la réflexion, vous pourriez arriver à la conclusion que les sour ales marchent avec les fruits de la mer et peut-être auriez-vous l’envie de servir un Lambic avec votre crustacé. La chose ne marchera pas, à tout le moins pas aussi bien. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas uniquement le côté acide de la bière qui fonctionne avec ce type de produits. Il ne s’agit pas ici de trouver le style de bière le plus vineux pour le faire remplacer un vin blanc classique. L’avantage de parer le repas avec une bière, c’est justement de proposer une saveur différente au consommateur mais qui convient tout aussi bien au produit dégusté, voire même plus, et ce en profitant du large choix qu’offre ce breuvage. Sinon autant prendre une bonne bouteille de vin blanc. L’apport d’une Red Flanders pendant une dégustation de crevettes grises est tout autre que celui d’un vin. Les touches légèrement fruitées, presque de vinaigre balsamique (qu’on sait fort complice avec les produits frais de la mer), mais toujours tanniques que dégagent ce type de bière renforcent vraiment le goût desdits mets. Alors, si on peut accompagner du homard avec une bonne Red Flanders (à tout hasard, une Rodenbach Grand Cru), il y a peut-être moyen de faire mieux encore. Parce que les crevettes grises, ce n’est pas du homard et le goût de ce dernier est tout de même différent. A ce titre, il peut être intéressant de proposer une bière de type Gose. Le côté tannique et suret reste présent lors de la dégustation sans pour autant que le goût ne soit vineux comme pour des Lambics. Et on sait que c’est cela qui convient pour des crustacés. Par ailleurs, le côté ajout de sel dans la Gose rappelera inéluctablement le caractère iodé du crustacé. On a alors ici des accords de complémentarité en plus de ceux de contraste.
Pour déguster un homard, nous aurons donc tendance à conseiller une Gose légère et sans ajout de fruits tel que la Salty Kiss de Magic Rock Brewing.
En conclusion ?
Si les foodpairing proposés ci-dessus peuvent parfaitement convenir avec un homard seul, le mariage ne sera pas autant réussi si le homard est servi accompagné. Il convient donc de trouver le point commun entre le crustacé susdit et son acolyte culinaire. En règle générale, gardez à l’esprit qu’en partant des principes développés ci-dessus et en ajustant avec plus de précision le choix de la bière par rapport aux accompagnements (risotto, purée, …), vous tomberez souvent dans le juste.
Ainsi, pour agrémenter parfaitement un plat de homard, nous vous conseillons une bière qui offre :
d’une part, des saveurs tanniques qui peuvent rappeler un vin acide ;
d’une part, un côté acidulé-aigrelet-voire un peu fruité qui jouera parfaitement le contraste avec la chair iodé du produit ;
et enfin, la cerise sur le gâteau, et si vraiment c’est possible, un soupçon de sel pour servir de condiment au crustacé, produit de la mer.
Les accord sont nombreux et, finalement, en respectant les principes ci-dessus, vous trouverez sans difficulté la bière qui convient le mieux à votre homard.
Une des classiques belges en matière de Saison. Lors de la dégustation à l’aveugle, la renommée de la brasserie ne rentre pas en ligne de compte mais il reste acquis que le breuvage est de grande qualité. Au nez, le houblon est fleuri, ça sent à la fois le fruité léger et le terreux de la campagne. Dans la bouche, c’est ce second aspect qui ressort, houblon très correct, longueur de bouche appréciable avec une sécheresse très intéressante dans le palais. Un mètre-étalon en la matière.