Building Stories Together – Moersleutel Craft Brewery
(IPA – New England)
Effluves douces de houblon résineux. On est dans le thème de la New England IPA. Dès l’entrée en bouche, on est bercé par un corps assez bien houblonné mais sirupeux. Les saveurs de houblon tiennent bien la route dans le palais mais elles restent tout de même conventionnelles. Agrumes sanguines fort concentrées en bouche. Une drinkability qui aurait tout de même mérité davantage.
Nez qui sent clairement le houblon. Résine et fruits exotiques presque jusqu’à l’excès. En bouche, malgré la couleur presque transparente, c’est du jus de houblon très résineux et assez alcoolisé. L’éther n’est pas non plus la saveur dominante mais on sent que le breuvage est liquoreux. Finale longue avec amertume persistante. Même si l’équilibre peut laisser à désirer, on est clairement servi en goût.
Inédit que de déguster une IPA mûrie en barriques. Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’on sent bien les fûts de sauterne dans lesquels la bière a subi une maturation. Au nez, le houblon n’est pas le maître mot mais bien le vin blanc. On respire surtout le raisin et ce n’est pas désagréable. Le problème c’est que le houblonné passe un peu au second plan. Même si on perçoit tout de même de l’amertume, l’essentiel de la dégustation se passe dans des strates essentiellement tanniques mais surtout vineuses. Pas le meilleur des mondes mais certainement pas une mauvaise bière.
Couleur brune foncée. Nez qui respire la puissance du malt grillé et du sucre candi. On a les effluves olfactives du pain aux céréales au nez mais aussi des fruits noirs finement sucrés. La bouche est costaude, pleine de saveurs. Un peu liquoreuse certes mais aussi agréable à siroter calmement. Avec un ABV à 10,5, il faut s’attendre à une drinkability moins élevé que sur une bière à 5 degrés. On est ici sur une finale glucosée au sucre candi. Ce n’est clairement pas la bière de l’année mais le breuvage passe bien et n’est pas grevé de lourds défauts.
Duvel Barrel Aged Jamaican Rum Edition – Brouwerij Duvel-Moortgat
(Pale Ale – Belgian Strong Golden)
La maturation dans des fûts ayant contenu du rhum jamaïcain amène des saveurs exotiques dans un nez devenu plus complexe. Mais aussi de la puissance alcoolique en bouche. La bière passe ainsi de 9 degrés à plus de 11 et cela se ressent clairement lors de la dégustation. Et si on perçoit des touches douces de vanille et de sucre de canne ci et là, on perd un petit peu en équilibre ce que l’on gagne en puissance. Pas vraiment une mauvaise bière (loin s’en faut) mais pas non plus une plus value pour la Duvel classique. On saluera toutefois l’audace des brasseurs.
Couleur rouge foncé. Les odeurs de fraise sont assez prononcées au nez. Ce fruit rouge est la composante dominante dans le breuvage précité. Et, même en entrée de bouche, on retrouve cette saveur de fruits légèrement acidulée et sucrée. La douceur est apportée par la vanille que l’on perçoit dans le palais mais aussi par un chocolat au lait très léger. Si la bière n’est pas foncièrement mauvaise, difficile de reconnaître un partage équitable des saveurs, comme dans une glace napolitaine. Vous l’aurez compris, la fraise prend une trop grande place au détriment des autres saveurs et la promesse faite n’est pas totalement remplie.
Yummy Lingonberry, Blueberry, Maple Syrup & Vanilla – Sibeeria
(Sour – Pastry)
Couleur rouge foncée et trouble. Les odeurs des baies rouges (myrtilles et airelles) sont perceptibles. On perçoit leurs effluves au travers d’une mélasse sucrée de saveurs. En bouche, on est vraiment sur de la bière de dessert. On dirait un gâteau aux fruits rouges, avec pâte à tarte et nappage au sirop d’érable. La texture est lourde (trop ?) et pleine de sucrosité, ce qui est plutôt dommageable. Parce que dans ce type de bière Pastry, on attend certes de retrouver des goûts proches des desserts aux fruits mais aussi de pouvoir déguster un breuvage drinkable. Et, sur ce point, il faut bien admettre que le breuvage pêche un peu par sa lourdeur en bouche.
Autant que le papier, le projet est alléchant. Mélanger un style purement écossais de bière avec une maturation dans des fûts de whiskey tourbé, c’est clairement une bonne idée. Après dans les faits, ce n’est que moyennement réussi. Que ce soit au nez ou dans la bouche, c’est le sirupeux de la Scotch Ale qui domine. C’est sucré au palais. L’Ardberg est un peu aux abonnés absents alors que c’est un spiritueux pourtant puissant. Au-delà, pas de véritable défaut pour ce breuvage. Juste une déception d’être face à une bière somme toute assez banale.
Bien que je sois un grand fan des Stouts costauds aux saveurs marquées, cela ne m’empêche pas (je pense et, surtout, j’espère) de considérer l’équilibre du breuvage comme une qualité essentielle à la réussite d’une bonne bière. En l’espèce, force est de constater qu’on y est pas vraiment ici. Si le nez fait vraiment dans la surenchère de goûts variés et centrés autour du gâteau d’anniversaire, la bouche déçoit tout de même. Alors qu’on nous annonce du chocolat, du caramel, de la noix de coco, de la caroube, du café, de la cannelle, du sucré vanillé et lacté, on a un peu de mal à les retrouver une fois en bouche. Je ne dirai pas que le mieux est l’ennemi du bien car il n’est pas rare de découvrir des chefs d’oeuvre dans des bières aux nombreux ajouts, mais si ces ajouts n’amènent aucune plus value au breuvage, c’est un peu inutile. Ici, on a un peu l’impression de boire de la liqueur de malt torréfié. Sans plus. Et avec un ABV qui n’est pas masqué par les saveurs douces et sucrées souhaitées par les brasseurs. On n’est plus vraiment dans la gourmandise et c’est dommage pour un Stout de dessert.
Couleur or pâle trouble. Odeurs classiques. Nez basique mais par pour autant mauvais. Les effluves sont indubitablement celles des houblons Strata et El Dorado. Les agrumes et les fruits exotiques sont là mais loin d’être prépondérants. Houblon un peu amer lors de la dégustation, persistant certes mais pas nécessairement incroyable au niveau des saveurs. On a déjà vu de meilleures utilisations des houblons précités mais il faut reconnaître que l’ensemble est sans fausse note manifeste.