Nez costaud de malt torréfié. Le même goût dans la bouche. Vraiment costaud. Peut-être un peu monolithique (la bière ne change pas fondamentalement la conception du Porter) mais on sent vraiment la rigueur baltique. On a ce qu’on a demandé.
La Chouffe Blonde – Brouwerij Duvel-Moortgat (Pale Ale – Belgian Strong)
Que de déceptions depuis des années. Vantée comme une des meilleures bières artisanales belges, La Chouffe n’a cessé de plonger depuis sa reprise par Duvel-Moortgat. Alors, ça reste une Belgian Pale Ale de qualité, corps maîtrisé, touche de malt et fin de bouche finement sucré et houblonné mais loin de la version vendue il y a quelques années par la brasserie d’Achouffe. On est sur du très classique. Rien de surprenant. Rien de mauvais non plus.
Une des nouvelles brasseries belges les plus innovantes. Un des fleurons de la gamme selon les brasseurs. Nez de houblons type américains vraiment odorants et fruités. Un peu exotiques. Pas écrasant mais relativement modéré. Bouche entre amer et fraîcheur. C’est pas incroyable au niveau des saveurs mais ça reste toutefois sympathique comme IPA. Peut-être un manque de longueur en bouche et de variété au niveau des saveurs. Mais, à part ça, pas grand chose à redire. Ca reste sympa.
Jantje Van Sluis – Brouwerij Van Steenbergen (Pale Ale – Belgian)
Tout ce que je n’aime pas dans cette scène brassicole belge. Une Belgian Ale qui sonne comme un truc interchangeable. Saveur quelconque, pas vraiment de particularité, un peu de malté, pas vraiment de fin de bouche. Une Leffe-like. Et ce n’est pas un compliment.
Mas Agave – Founders Brewing Company (Gose – Imperial Flavored)
Incroyable pari que de proposer une bière qui ressemble à s’y méprendre à une Tequila. Le nez est clairement orienté sur l’acide du citron vert et les effluves de cet alcool typiquement mexicain. Des odeurs relativement surprenantes et bien amenés. La déception arrive en bouche. L’équilibre est en effet précaire, l’alcool se sent trop, on a l’impression de boire un cocktail trop alcoolisé, ce qui vraiment dommage. Fin de bouche assez longue. L’initiative est à louer mais la bière n’est que bonne.
Qu’importe finalement le lieu de sortie (soirée, bar, club sportif, …), le constat est bien souvent le même : quand on sort entre amis, c’est très rare de voir sur une table des bières de qualité. Bien souvent, ce sont des standards internationaux comme la Jupiler, la Maes voire encore la Corona ou la Desperados pour les plus masochistes. Les origines du problème ? Les moyens d’y remédier ?
Du choix et des possibles
Le premier problème qui se pose est bien évidemment la liberté du choix qui est offerte au consommateur. Si on ne se trouve pas dans un bar à bières, le choix sera inévitablement réduit voire très limité. Si on retrouvera une pils/lager à coup sûr, une abbaye industrielle type Leffe/Grimbergen et quelques bières aromatisées comme de la Kriek de basse qualité, il sera plus difficile de trouver des styles comme de l’IPA ou de l’Imperial Stout. Plus globalement, il sera difficile de trouver de la bière artisanale. Pourquoi ? Parce que ce soit un club sportif de seconde zone ou un grand bar à la mode, tous ont des accords commerciaux avec des groupes brassicoles, et rarement des petits brasseurs, locaux ou pas. La bière reste du business avant tout. Et bien souvent, vous l’avez compris, le partenariat impliquera la mise à disposition du public de l’entièreté de la gamme. Ainsi si le contrat est passé avec AB InBev, on aura droit à la Jupiler, la Leffe et/ou la Kriek Bellevue. Heureusement, tout n’est pas aussi simple. Parfois, et de plus en plus souvent d’ailleurs, les établissements susmentionnés tentent de proposer une ou deux bières sortant un peu du commun. Et c’est bien évidemment sur ce type de bière qu’il faudra se jeter si on veut goûter autre chose d’un Lager industriel. Le principe de l’offre et la demande…
Du prix
Alors, oui, si vous prévoyez de passer un bon (et long) moment entre amis, et que vous prévoyez de faire votre soirée à la bière, commencer à la Chimay Grande Réserve n’est peut-être pas la meilleure idée, pour votre estomac et pour votre portefeuille. Nul besoin de faire un cours de commerce mais clairement, quand vous achetez une bière plus spéciale ou plus difficile à trouver, vous payerez plus cher que pour un Lager basique d’une grosse multinationale qui fournit en fûts de dizaine de litres l’endroit où vous vous trouvez. Dans l’état actuel des choses, vous n’y pouvez malheureusement rien. Mais bien évidemment, si vous vous contentez toujours d’acheter le produit le moins cher que l’on vous propose (et ça s’applique dans tous les aspects de la vie), votre vendeur ne risque pas de tenter de lancer dans son commerce d’autres produits. Ce n’est que bien logiquement si vous montrez de l’intérêt pour d’autres produits que votre interlocuteur prend le risque, à l’avenir, d’ouvrir la porte à d’autres possibilités. Alors, une fois dans un bar, on ne vous incite pas à acheter la bouteille de Lost Abbey en import à plus de 30 euros (quoique) mais, sincèrement, il y a quand même autre chose à prendre que la pils à 1,5 euros. Non ?
Conclusion ?
Qu’est-ce qui fait qu’en société, alors qu’on peut être un amateur de bière, on consomme finalement plus de bières de basse qualité de multinationales que des trucs de qualité ? La réponse tient en deux facteurs : le choix et le prix. A ce moment de la discussion, il est bon de se pencher sur ce que vous souhaitez vraiment lorsque vous buvez de la bière… Finir dans un état second à bas prix ? Dans ce cas, c’est assez simple, passez au soda-pop ou aux mélanges alcools forts-Cola. Ce sera beaucoup plus simple à boire et ça vous saoulera plus vite. Pas de moquerie ou de condescendance dans ces propos. Ça arrive à (presque) tous d’avoir envie de boire non pas pour le goût mais uniquement pour être dans un état second. Je ne juge pas. Mais si votre but, c’est de déguster quelque chose d’un peu buvable, il est peut-être temps de se dire qu’il vaut mieux boire moins mais de meilleure qualité. Vous dire que vous pouvez trouver une bière aussi peu chère qu’un Lager international et ayant une notation de plus de B+, ce serait mensonger de ma part. Si certains trésors sont malgré tout abordables, la qualité a quand même un prix. Et si vous comptez boire du bon, il faudra mettre un peu plus que le gars qui veut juste boire pour boire. Mais ce n’est finalement que comme ça que l’on peut changer les mœurs et amener des tenanciers de café, des gérants de bar ou autres à proposer d’autres bières plus sympathiques à la dégustation. Et si ces dernières rencontrent un succès, elles seront proposées davantage et, par effet de balancier, de moins en moins chères.
Et l’avenir ?
Heureusement, ce type de comportement devient de plus en plus courant. Petit à petit, pour le citoyen lambda, la bière acquiert ses lettres de noblesse au même titre que le vin et il n’est pas rare qu’elle soit proposée en accompagnement de certains plats de haute cuisine ou comme des boissons à être dégustée religieusement. Aujourd’hui, les gens semblent disposer à consentir un plus large budget pour l’achat d’une bière que par le passé. Cette évolution est en cours et semble, à mon estime, de nature à permettre à tous un meilleur choix de bières à n’importe quel endroit et ce à un prix de plus en plus abordable.
Boriner Vice – Brasserie du Borinage (Berliner Weisse)
Sympa quand de petites brasseries belges tentent de faire des bières différentes de la classique Belgian Pale Ale (qui est rarement exceptionnelle voire même juste bonne). Ici, les petits montois prouvent leur maîtrise de ce style typiquement allemand et si en vogue dans l’univers de la micro-brasserie actuel. Le style est maîtrisé, pas fou mais assez bon en bouche.
Pas vraiment la meilleure DIPA que j’ai bue. Alors, oui, le nez respire le houblon aromatique mais c’est un peu tout. Amertume pas super sympathique en bouche, houblons qui ne relancent pas la dégustation. Juste correct. Pour une DIPA, on est en droit d’attendre plus de sensations à la dégustation.
Quelle interprétation de ce type de classique finnois. Alors, je ne connaissais pas particulièrement la Sahti mais je dois admettre que le breuvage proposé par Ale Apothecary est tout ce qu’il y a de plus fantastique en matière de Wild Ale. Le nez est complexe à souhait. Arômes vineux et effluves d’épines de pin. En bouche, le côté résineux amène une touche herbacée légère et intéressante, le tout est contrebalancé par une touche subtilement sucrée au miel et de l’acidité apportée par la maturation en fûts. Longue finale où toutes les saveurs se mêlent avec brio. Équilibre incroyable. Une bière de très haute qualité.
Péché Mortel – Brasserie Dieu du Ciel (Stout – Imperial)
Quelle utilisation du café ! Franchement le nez est exceptionnel, on sent vraiment le marc de café (et quel café) et les amoureux de cette boisson seront aux anges. Le nez est dans la même veine. Un peu unilatéral mais franchement une belle réussite.