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Le bullshit de Ratebeer – #4

Vous reprendrez bien une rimballe de notes démesurées et surtout hors de proportion avec les bières dégustées ci-dessous ?

A nouveau, un magnifique exemple de comment la renommée d’une bière peut influencer la note qu’on lui donne. A fortiori quand, en plus, il s’agit d’une trappiste belge. Alors, clairement, je ne vais pas vous dire que la Westmalle Tripel est une mauvaise bière mais je suis convaincu que, jamais, elle ne mérite une note de 100 ou de 99. Pour vous en convaincre, faites tout simplement une dégustation à l’aveugle et vous comprendrez que cette Triple n’est que bonne… Mais en aucunement excellente. A un moment donné, il faut quand même sortir le carton jaune lorsqu’une bière empeste l’alcool fort et ne se boit que par petites gorgées…

J’ai toujours eu du mal à comprendre cette fascination pour la gamme des Bush de chez Dubuisson, qui jouit surtout d’une excellente réputation outre-Atlantique. Si je dois concéder que les créations Premium (Bush de Nuits, de Charmes) présentent des caractéristiques fort agréables, les bières dites basiques sont tout de même loin d’être inoubliables. Et si la version de Noël est sans conteste plus digeste que la version Blonde ou Classique (au corps éthérique fort marqué), elle n’offre finalement que des saveurs que l’on peut qualifier de correctes. Sans plus. Les malts grillés se mélangent aux fruits noirs macérés dans l’alcool et le tout offre une boisson réchauffante, propice à la saison hivernale. Comme tant d’autres bières du même acabit…

Autant je peux être parfois sévère lors de la cotation de certains styles de bières (Belgian Ale, IPA et autres), autant je trouve que je suis assez permissif en ce qui concerne toutes les Sour Ale et les Farmhouse un peu acides. J’ai en effet un petit faible pour ce type de bière aux saveurs variées et à la drinkability importante. Mais, là, difficile d’être dithyrambique à la dégustation de cette bière, pourtant perçue comme un classique aux États-Unis d’Amérique. Les saveurs et goûts sont peu marqués, le corps manque de caractère et l’ensemble est loin de marquer les esprits. On fait clairement mieux en matière de Farmhouse Ale à l’américaine. A titre d’exemple, une création banale de The Bruery a infiniment plus de classe que cette Elle de Jackie O’s qui, pour moi, ne rentre définitivement pas dans la catégorie des 80+. Alors de là à noter le truc a plus de 98/100, je pense qu’on est dans le fanboyisme (ou la stupidité, au choix) le plus profond.

02 - 90+, 03 - Porter & Stout

Cheesecake Island

Cheesecake Island – Pohjala
(Porter – Imperial Baltic Flavored)

Un nouveau gros pari réussi chez nos brasseurs estoniens préférés. On respire vraiment le cheesecake avec ses touches lactées et son zeste de citron. Le goût de ce dessert est vraiment réel et loin d’être artificiel. La bouche vogue sur le côté chocolat du Porter ainsi que sur le côté vanillé et fromage blanc. On est sur du très lourd. Le côté sucré pourra rebuter les aficionados des Porters et Stouts bruts et amers mais, sincèrement, dans ce type de bière de dessert, il n’y a rien de choquant à goûter un peu de sucré. Surtout que cet aspect est loin d’être écrasant et que l’équilibre est tout de même au rendez-vous.

A-

03 - Porter & Stout

Pime Oo Hazelnut

Pime Oo Hazelnut – Pohjala
(Stout – Imperial)

Honnêtement, cette dernière variation de leur classique Imperial Stout ne me convient que moyennement. Au lieu de proposer un goût affirmé de noisettes (puisqu’il s’agit quand même de l’ajout principal de cette version de la Pime Oo), on reste coincé dans un Stout liquoreux à l’ABV peut-être trop élevé et surtout trop perceptible. C’est tout de même dommage. On ne retrouve que trop peu la gourmandise des noisettes ainsi que le côté amer-torréifié du malt mais plutôt quelque chose de fort, de liquoreux et de sans doute un peu trop monolithique. Pas mauvaise mais certainement pas aussi fantastique que le prétendent certains sites Internet spécialisés.

B-

02 - 85+, 03 - Porter & Stout

Cinnabun

Cinnabun – Pohjala
(Porter – Baltic Flavored)

Les bières se suivent et se ressemblent chez les Estoniens de Pohjala. La cannelle utilisée lors du brassin est directement perceptible au nez. Pour celui qui aime ce condiment, il y a de quoi être satisfait. Et que ce soit au nez ou en bouche, les saveurs épicées de la cannelle sont bien représentées et se marient avec harmonie avec les touches chocolatées et torréfiées du Porter. Et si les fèves Tonka utilisées sont moins présentes, le breuvage présente des avantages indéniables en matière de gouleyance, ce qui est très appréciable pour un Porter.

B+

02 - 80+, 03 - Sour

Vikerkaar

Vikerkaar – Pohjala
(Gose – Imperial Flavored)

Romarin explosif au nez. On peut dire que ladite épice remporte la totalité des saveurs nasales. En bouche, c’est plus la rhubarbe qui prend le relais. Ses saveurs fruitées et aigrelettes se marient très bien avec l’acidité proposée à la dégustation. Néanmoins, l’équilibre des saveurs n’est pas optimal et derrière les goûts de romarin (au nez) et de rhubarbe (en bouche), on peine à retrouver les marqueurs de la Gose. Bien sûr, on ne pourra pas dire que la bière est mauvaise mais il manque vraiment quelque chose d’essentiel pour franchir le plafond de verre.

B-

02 - 75+, 03 - IPA

Stagger Saurus

Stagger Saurus – Staggeringly Good Brewery
(IPA – International)

Couleur jaune très claire et très trouble. Les odeurs au nez sont résineuses et herbales. On sent clairement bien le houblon, et c’est plutôt agréable. Dommage que le corps ne suive pas cette voie et se contente de nous offrir quelque chose d’un peu fade et sans caractère. Finalement, on est sur de l’amer léger et aqueux avec des sensations oubliables. Même si je suis un grand fan du design de cette brasserie anglaise, il faut tout de même admettre que cette proposition n’est pas des plus alléchantes.

C+

02 - 80+, 03 - Pale Ale

Storm

Storm – Brewski
(Pale Ale – American)

J’ai rarement des critiques négatives à formuler à propos des créations de Brewski. A nouveau, cette règle un peu immuable se confirme. Le nez est celui des houblons résineux et herbeux. Les odeurs sont assez fortes, ce qui est sympa pour une APA. En bouche, on reste sur ces goûts plus ou moins marqués. Et qu’importe si on perd un peu en légèreté. Le breuvage dégusté reste correct et indubitablement bon, même si on ne peut clairement pas franchir le palier des 90+.

B

02 - 85+, 03 - IPA

Big Moose

Big Moose DDH DIPA – ZooBrew Brasserie Artisanale
(IPA – Double American)

Les fruits tropicaux sont bien présents au nez. On navigue entre les mangues sucrées et les ananas. Le côté sucré qui est assez dominant en première bouche devient vite plus herbacé et résineux. C’est alors le règne des épines de pin et des houblons résineux. Nonobstant une astringence peu agréable, le breuvage passe crème et la dégustation se passe avec beaucoup de plaisir.

B+

02 - 80+, 03 - IPA

Spore

Spore – Mist
(IPA – New England)

Le côté Hazy frappe directement au nez, on est sur un fruité tropical relativement classique. La bouche est amère. Dommage toutefois que cette amertume ne soit pas plus percutante. Ici, on a vraiment l’impression d’être sur quelque chose d’un peu piquant et épicé, ce qui ne correspond pas vraiment aux levures troubles propres aux New England IPA. Il y a quelque chose de peu rationnel dans cette boisson. Lors de la dégustation, on dirait vraiment que certaines saveurs ne sont pas à leur place, ce qui est un peu étrange. Toutefois, il ne faut pas se méprendre, même si elle n’est pas exceptionnelle, il s’agit d’une bonne bière.

B

02 - 75+, 03 - Sour

Smooth Talker

Smooth Talker – Lervig Brewers
(Wild Ale – Flavored)

Alors, oui, primo, on sent la mangue et les fruits de la passion et, deuxio, on goûte bien ces deux éléments. Mais, au-delà, peut-on parler d’une grande bière ? Malheureusement pas. L’acidité est moyennement maîtrisée et le fruité (bien que soyeux) est loin d’être tranchant. La fin de bouche est peu marquée, le corps est quelconque et on oublie vite les saveurs de la dégustation.

C+