Trappistes Rochefort Triple Extra – Notre-Dame de Remy (Pale Ale – Belgian Tripel)
Lancée en 2020, cette Tripel présente des qualités indubitables. Au nez, on est sur de la levure belge et des odeurs assez florales (pétales de rose). Cette sensation de délicatesse se retrouve également en bouche. Délicatement sucrée, avec une rondeur de blé, la bière est étrangement douce. Pas d’amertume profonde, pas de malté trop sucré. Traces de marqueurs gustatifs belges et zestes d’orange discrets, le tout est correctement équilibré Une très belle entrée dans le monde des Pale Ale pour la brasserie trappiste de Rochefort.
On est bien dans les codes du Porter au café. Ce dernier condiment est présent au nez et les amateurs de marc seront ravis. La bouche est liquoreuse, entre donuts coulants et chocolat noir alcoolisé. Le café est également là, son amertume légère contrebalançant le corps assez sucré du breuvage. Une bonne bière, costaude en bouche, avec un bon goût de chocolat noir fourré façon dessert, mais sans grande fulgurance. C’est bon, certes, mais ce n’est pas outstanding non plus…
Certains aficionados reconnaîtront au nez la touche si particulière de la brasserie du Tourpes. Les effluves sont clairement celle de la farmhouse, c’est assez terreux, légèrement herbeux. Ça sent la ferme, ça sent le naturel et c’est assez agréable. Dommage finalement que la bouche soit fort plate, sans véritablement de relief parce qu’il y avait là une véritable promesse de quelque chose de plus sympathique. Finale sèche modérément intéressante mais indubitablement pas de folie dans cette bière juste correcte.
La promesse de faire un Stout au cake au chocolat est complètement respectée. On respire le cacao et le chocolat et on a vraiment l’impression d’être le nez dans un gâteau d’anniversaire fourré au chocolat noir. Dommage finalement que la bouche ne goûte pas ce fameux dessert parce qu’en dehors de cela, on est sur du très haut de gamme. Malt torréfié qui rappele les desserts à la fois sucrés et amers. Corps assez liquoreux. Et surtout, une drinkability plus quintéressante pour un ABV (14,5 tout de même) de cet acabit. On ne sent pas du tout qu’on avale en fait un breuvage plus costaud qu’un vin rouge de qualité. Sans doute le plus gros point positif de cette bière.
Kiwi x Mango x Pineapple Imperial Sour Ale – Arpus Brewing Company (Wild Ale – Double Flavored)
Toujours de la qualité lorsqu’il s’agit de Sour Ale fruitées chez Arpus Brewing. Dans les effluves nasales qui nous sont offertes, on sent surtout la mangue qui est omniprésente et qui se marie traditionnellement bien avec ce type de Wild Ale. Lors de la dégustation, c’est le kiwi qui fait une entrée un peu plus remarquée. Le goût du fruit frais est bien là avec sa pulpe un peu râpeuse. Il est soutenu par un ananas discret mais sucré qui équilibre l’ensemble. Alors, peut-être que le kiwi n’est pas le meilleur fruit pour une Sour mais il est ici bien utilisé. Le breuvage est d’ailleurs assez doux (bien que des touches acides tranchantes soient tout de même présentes) et il présente une drinkability intéressante.
Couleur or trouble léger typique des New England IPA. Le nez offre des houblons tropicaux et résineux de bonne qualité. On enchaîne sur un corps crémeux où le juteux laisse sa place à un amer de houblons verts. Fin de bouche correcte. Certes, elle ne transporte pas une amertume diffuse et s’estompe relativement vite mais elle est suffisamment équilibrée pour tendre la dégustation agréable. Manque peut-être d’un peu de puissance et de percussion.
Encore une IPA aux houblons expérimentaux de la part de nos brasseurs polonais préférés. Ici, avec le classique Citra, c’est le Triumph qui s’invite à la dégustation. Corps juteux et un peu résineux, on est dans les saveurs enrobées. Le fil rouge de la dégustation est sans conteste l’agrume, que l’on retrouve tant au nez qu’en bouche. L’amertume est loin d’être repoussante. Le breuvage est facile à boire. Pas la plus incroyable des bières mais à nouveau une très bonne fournée de Funky Fluid.
Velocirapture Divine – Staggeringly Good Brewery (IPA – New England)
Un design de dingue pour une bière sympathique. Couleur or trouble assez pâle. On est sur un nez aromatique aux houblons résineux rappelant l’orange amère et les fruits tropicaux un peu trop verts. La bouche est agréable, on est sur de l’amertume bien diffusée. Le tout est équilibré comme il faut et le breuvage dispose d’une forte drinkability, ce qui est très appréciable. Sans se mentir, on a là une bonne bière, pas de doute. Dommage toutefois qu’elle ne soit pas plus à la hauteur de l’excellence de la décoration de la canette.
5-Alarm Chili Beer – Hoppin’ Frog Brewery (Flavored – Chili)
Couleur brune aux reflets rougeâtres. Pas de mousse ou presque. Des épices au nez, cumin et cannelle dans un premier temps, Tabasco dans un second. Ça sent clairement le piquant. Mais sans aucune comparaison avec ce qui va suivre. Après un léger goût de malt grillé, c’est le piment puissant qui s’incruste dans la dégustation. On est sur des piments rouges costauds qui collent à la bouche très longtemps après la dernière gorgée. C’est du feu liquide. Ça arrache littéralement la bouche. Les papilles gustatives sont détruites. Et ça continue toujours à chauffer en bouche. Et à faire mal à l’estomac. Sans rire. Impossible de terminer la bouteille, même à deux… On évite la note minimale parce que le but recherché est atteint : les gars ont quand même réussi à faire la bière la plus pimentée de tous les temps…
On se retrouve pour ce cinquième épisode du Bullshit de Ratebeer avec une série de trois bières qui me semblent nettement sous-cotées, et ce de manière injuste et surtout incompréhensible…
Je ne peux pas décemment dire qu’il s’agit de la meilleure bière que j’ai bue chez les brasseurs de Brewski mais, de toute évidence, elle n’est pas mauvaise. Une APA somme toute assez classique mais qui manque un peu de percussion pour s’installer définitivement dans la catégorie des bonnes bières. Mais clairement pas un breuvage qui fleure avec les 50/100.
Je pense que chez Ratebeer, on a un peu de mal avec les produits de Staggeringly Good. Après la LABA, c’est au tour de la Staggersaurus d’en faire les frais. Si, au contraire de la première, elle n’est certainement pas une bière de top qualité, elle n’est pas dégoûtante au point de mériter moins de la moitié. Il manque certes du goût dans cette IPA jurassique mais de là à la qualifier de dégoûtante, il y a un pas à ne pas franchir. Mais sur Ratebeer, on aime franchir vite certains pas…
Lors de la dégustation à l’aveugle, la Ginette Blonde est ressortie avec la mention correcte. Il ne s’agit pas d’une bière exceptionnelle mais elle n’est pas pour autant mauvaise, présentant certaines saveurs peu habituelles et assez agréable. De toute évidence, pas une bière mauvaise ou dégoûtante. Le gros couac, c’est que, d’une part, elle n’est pas issue d’une brasserie « connue » ou médiatisée, et que, d’autre part, le marketing et le packaging entourant cette Ginette (d’ailleurs, ce nom sonne la Belgian Ale no-name qu’on peut trouver dans un supermarché obscur) pue le retard de vingt ans sur ce qui se fait actuellement dans un monde brassicole qui évolue très vite. Deux défauts rédhibitoires sur Ratebeer. Puisque, vous le savez maintenant, c’est bien sur ce site que les dégustations se font plus souvent à l’oeil qu’avec la bouche. Quand l’étiquette et le nom sur une bouteille a plus d’importance que ce qu’il y a dedans. Navrant.