Véritable tour du monde dans cette catégorie des bières à haute fermentation qui s’avère diantrement plus consistante que l’année précédente. Et avec de vraies surprises dont on espère qu’elles pourront conserver leur identité propre nonobstant les velléités purement commerciales des groupes brassicoles auxquelles elles appartiennent.
Nez aigrelet. En bouche, on perçoit un côté acidulé issu de la fermentation spontanée. Traces de raisins blanc. Le cépage Chardonnay est identifiable en bouche. On reste sur de l’acidité un peu âpre. Le tout est néanmoins un peu monolithique. On est sur de la Sour classique qui n’amène pas grand chose à la dégustation. Quelques touches de raisin blanc ci et là mais sans plus. Dommage que l’on reste sur de l’aigreur acidulé et qu’aucune autre saveur ne vienne relever la sauce de ce breuvage un peu unilatéral.
La Toquée La Bière du Boulanger – Abbaye de Brogne
(Pale Ale – Belgian)
La bière porte bien son nom puisque ce sont les effluves de la boulangerie qui sont directement perceptibles au nez. On hume la levure fraîche à plein nez. Sans que cette saveur un peu chimique ne soit véritablement agréable, elle reste à tout le moins originale. Le corps est, lui, quelconque. Peu malté, peu consistant. Quelques traces levurées mais sans plus. Pas vraiment de personnalité, pas vraiment de plaisir à déguster ce breuvage.
Couleur ambrée assez prononcée. Nez un peu malté mais loin d’être incroyable au niveau des saveurs. La bouche est légère, aqueuse. On a un léger relent de rondeur de malt léger (un peu suranné) dans l’arrière-bouche mais c’est bien tout. Une bière vite oubliable malgré un nom qui a pourtant traversé les époques.
Dans le monde brassicole de 2022, le style New England a pris une place plus que prépondérante dans le microcosme de l’IPA. De telle sorte que les autres styles sont un peu passés au second plan. Merci donc à l’Ouest des États-Unis d’avoir réussi à mettre en avant le style américain, trop souvent sous-estimé.
New England
New England – Double
New England – Triple
Rye
Session
Sour
Razzia des États-Unis sur le style New England avec les brasseries Outer Range, Mason et 8 Bit. Des produits de qualité avec des saveurs marquées. Le reste du genre IPA est lui toujours contrôlé par la scène polonaise (dont on parlait déjà de l’essor l’année passée) qui propose des variations très réussies du style, dont notamment la gamme Acid Trip de Funky Fluid.
Nez complexe où s’entremêlent de nombreuses saveurs. On est sur des fruits tropicaux, de la mangue et de la résine de conifères. Le tout dans un mix très concentré. La bouche est dans la même veine, beaucoup de goûts différents, mais avec une maîtrise notable qui permet de distinguer les différentes saveurs. Corps complet de fruits jaunes mûrs. Robuste. La douceur équilibrée du breuvage ainsi que l’ABV bien caché rendent cette TIPA très agréable.
Jaune très claire et trouble. Le houblon Mosaic est dominant au nez et si ce n’est assurément pas mon préféré, il offre des saveurs lisibles de Double Hazy IPA. La bière est très facile à boire. Saveur dominante de résine de pin pas trop envahissante. Avec un arrière-goût plus subtil (et plus caché aussi) de pêche, de miel et, plus particulièrement, de jus d’ananas vert qui tient apporter de l’amertume lors de la finale.
Couleur ambrée un peu plus foncée que l’habituelle Hazy IPA. Nez de céréales (foncées) avec une finale miellée légère sur résine de pin. L’entrée en bouche est elle facile. Elle s’ouvre sur quelque chose de léger, d’aqueux, ce qui facilite l’entrée en matière. Heureusement pour lui, cette première impression facile est vite rejointe par une finale amère profonde. Ce caractère amer et costaud en céréales tient en bouche le temps de la dégustation.
Couleur jaune trouble. Odeurs très agréables de houblon résineux, de mangue et de mandarine. En bouche, l’amertume est présente mais pas écrasante. On est sur du corps de Hazy avec des « stone fruits » et du houblon vert bien amené. Le fruité du nez n’est pas vraiment là. La texture est, elle, légère comme du riz blanc mais avec de l’amer qui tient bien dans la finale. Cette I2PA se déguste bien trop facilement.
Grand fanatique de randonnées un peu extrêmes, je suis contraint, les années passant, de réduire mes ambitions vu les emplois du temps (peu conciliables) de mes condisciples. Finalement, sur cette année 2022, seul un trek a pu être organisé. Un mini-trek d’une seule journée et qui s’est terminé par une visite de la brasserie Elfique. Pas vraiment dans la veine des (très excitantes) premières invitations à l’aventure avec un grand A. Mais, bon, faute de grives, on mange des merles.
Prague est une capitale ma foi fort intéressante. Ville à la fois chargée d’histoire tout autant que dédiée aux activités plus festives, elle garde un intérêt fou en couple. A fortiori, lorsque, accompagné du fidèle Google Maps, elle permet de trouver de petits bars (éloignés du centre historique) où des merveilles sont proposées. Lors de cette soirée, un peu hors du temps et surtout très bon marché, impossible de ne pas goûter aux dernières créations de Sibeera (dont cette Quasi-Stellar), meilleure microbrasserie tchèque à l’heure actuelle.
Encore une bière qui symbolise un épisode de vacances. Cette fois-ci dans cette belle région d’Occitanie, qui doit sans doute regorger de meilleures bières que celle dont question dans cet article. Malheureusement, c’est sur cette dernière que notre dévolu s’est porté, lorsque, aux courses dans une grande surface, nous avons décidé d’agrémenter nos repas de boissons alcoolisées. Si l’anecdote prête finalement à sourire, je pense que le pack de 1664 est resté dans le frigo des bungalows que nous avions loué pour le périple et y est toujours à l’heure actuelle.