Couleur orange-rosée. Odeurs de fraise fraîches et peu sucrées. La bouche s’ouvre sur une touche acidulée qui fait penser à de limonade aux fraises. On retrouve quelques saveurs de citron vert et d’hibiscus qui renforcent cette sensation d’eau aromatisée. Cette légèreté n’est pas vraiment une qualité puisqu’elle ne permet pas au breuvage de développer suffisamment ses saveurs et on reste dans la Gose sans grande envergure.
Couleur brunâtre foncée assez surprenante. Effluves légères mais un peu maltées. La bouche reste dans cette sensation de légèreté avec une finale douce et maltée. Un Bock classique sans prétention. L’appellation est sujet à un peu de confusion. On attendait un peu d’orange dans ce breuvage.
Désolé pour les brasseurs de Fuerst Wiacek mais cette I3PA aura plus marqué mon année par sa dénomination que par ses qualités gustatives. Non que la bière soit mauvaise (loin s’en faut) mais cette fameuse Neon Moon, chanson de Brooks & Dunn, nous aura suivi depuis octobre 2021. Alors, quand j’ai eu l’occasion de constater que cette brasserie allemande produisait une Triple IPA du même nom, je n’ai pas pu passer à côté. Et si, en toute honnêteté, je m’attendais à mieux niveau équilibre des saveurs, impossible de passer à côté du charme hypnotique de cette dénomination.
Cette année 2023, j’ai eu l’occasion de fêter mon EVG (en tout cas un des nombreux qui m’avaient été organisés) dans la belle ville d’Amsterdam. Entre autres péripéties et expériences plus ou moins avouables, nous avons eu l’occasion de passer par le musée-brasserie-funland de Heineken. Et si tout le monde, ou presque, s’accorde à reconnaître que la Heineken est loin d’être une bière de qualité, les personnes qui ont eu l’occasion de visiter cette fameuse brasserie diront également que niveau marketing, il est impossible de mettre plus en avant une bière, quelqu’elle soit. Reparti de là avec une bouteille personnalisée au nom de l’événement, difficile de ne pas citer la bière la plus vendue aux Pays-Bas dans mon top personnel de l’année écoulée.
QDH Simcoe Cryo x Citra Lupomax x Strata x Nelson QIPA – Arpus Brewing Company
(IPA – Triple New England)
Nez fort odorant de houblon. Les arômes sont également fruités. On y perçoit ainsi de la pêche, de la mangue et aussi de la mandarine. Les effluves sont concentrées au point où on a l’impression fugitive de sentir presque le caramel et le biscuit. Attaques citriques dès l’entrée en bouche. Mais le breuvage ne se limite évidemment pas à cela. Le corps (qui apparaît lourd à première vue) n’est jamais écoeurant. Il y a incontestablement du caractère dans cette IPA. On est sur un puissant corps de houblons qui exalte à la fois de la mangue, de l’abricot, du raisin blanc, le tout avec un équilibre plus qu’appréciable. Cerise sur le gâteau : l’ABV de 11,5 n’est pas vraiment décelable…
QDH Nelson x Riwaka x Citra Lupomax x Simcoe Cryo TIPA
(IPA – Triple New England)
Couleur jaune trouble. La bouche est facile à appréhender, la douceur est de rigueur malgré un houblon omniprésent. C’est très agréable en bouche, ça passe facile et cette trompeuse douceur est tout ce qu’il y a de plus agréable. Les saveurs tournent autour du houblon vert, du raisin bien mûr ainsi que des fruits exotiques. L’ensemble est drinkable à souhait et les goûts sont là.
Nez qui tire sur les céréales et le blé. La bouche offre peu ou prou les mêmes saveurs gustatives. Pas vraiment de surprise lors de la dégustation de cette bière dans la mesure où elle rentre dans les standards classiques de la Belgian Pale Ale, mais sans pour autant les transcender.
Couleur bronze. Nez avec faibles relents de miel et des touches de malt façon pain complet. La bouche n’offre pas plus de sensation amère que sa petite sœur, ce qui tout de même un comble pour une IPA. On goûte ci et là un malt léger et sucré. Quelques traces de pain grillé en finale.
Couleur noire avec reflets brunâtres dans la mousse. Le nez respire le sirop d’érable fort caramélisé à la limite du grillé. Les arômes sont forts et offrent un caractère incontestable. Cette sensation de puissance perdure lors de la dégustation. La bouche est puissante, fort liquoreuse. Malgré une volonté notable de proposer de la puissance, l’attaque de malt torréfié est (trop) costaude. Les saveurs de chocolat noir sucré détruisent tous les autres goûts et on se retrouve avec un Stout un peu unilatéral où les ajouts de vanille ne trouvent finalement pas leur place.
Pour cette série un peu plus personnelle des bières qui ont marquées mon année 2023, je crois bon de commencer avec ce Lager produit à Dakar au Sénégal. Alors, oui, ce n’est certes pas la meilleure bière de ce top, mais c’est celle qui représente le mieux ce voyage familial dans l’ouest africain. Dégustée à l’occasion d’un repas traditionnel (un de plus) entre une croisière en pirogue sur le delta de Saloum et avant une baignade dans les eaux polluées de l’océan Atlantique, elle a au moins assuré sa fonction première : étancher notre soif.
Difficile de faire mieux pour l’anniversaire de sa compagne que de déguster une bière de qualité à son prénom. Toutefois, malgré le pédigrée qualitatif de la brasserie suisse, la bière n’aura pas fait des émules au sein de l’assemblée qui était présente ce jour-là. Pour ma part, j’ai été séduit par un mélange de fraises acidulées et piquantes et par une attaque tannique qui réveille les papilles. Après tout, c’est à moi qu’elle devait plaire..
Black Damnation 16 Ivan The Terrible – De Struise Brouwers
(Stout – Russian Imperial)
Alors oui, le breuvage est costaud avec ses 15 % d’alcool mais au-delà, il ne dégage pas une sensation de puissance maîtrisée comme on pourrait l’apercevoir dans d’autres créations du même type. Le nez est assez costaud, il mêle des saveurs de malt torréfié avec des touches liquoreuses rappelant la maturation en fûts de Bourbon. La bouche est, elle, lourde. Les goûts s’articulent essentiellement autour de la liqueur de fruits noirs fort mûrs et de l’alcool fort. La finale utilise les mêmes notes en offrant une longueur impressionnante. Difficile de dire que la bière ne dégage pas un caractère propre à elle mais, à la dégustation, elle nous a paru trop déséquilibrée pour prétendre à plus.