Belle robe pourpre aux effluves qui font invariablement penser à une maturation en fût de Bourbons. Les arômes sont riches, on sent aussi les fruits, le biscuit et les tanins. La bouche est très agréable. Bon, le breuvage conserve une certaine légèreté et une drinkability intéressante. L’acidité des mûres est dominante. On est sur une Wild Ale essentiellement basée sur le côté acidulé des baies rouges. Ça marche plutôt bien. La vanille et les biscuits sont très discrets. La finale est longue, acidulée et porte une certaine âpreté probablement issue de la maturation en fûts.
Beaucoup de saveurs au nez. On est essentiellement sur les abricots et les pêches qui se développent bien au cours de la dégustation. Le côté malté propre à ce type de bière est également perceptible. La bouche est assez lourde et c’est dommage. Les céréales prennent de la place et donnent une finale trop sirupeuse pour ce type de bière.
Nez beaucoup plus porté sur les céréales que les autres DIPA du genre. On retrouve des agrumes dans le nez mais surtout dans la bouche. Les saveurs viennent du pamplemousse et de l’orange. Le houblon devient un peu sirupeux au cours de la dégustation mais les saveurs tournent néanmoins autour de l’amer. Une DIPA de bonne qualité. Pas incroyable mais très correcte.
Parfois, il n’y a pas besoin d’une occasion pour bouger et partir à l’aventure. De manière surprenante (mais non moins emballante), l’année 2024 aura été l’année des weekends à l’étranger sans préparation aucune. Sac à dos préparé à la dernière minute, réservation d’hôtel ou de gîte dans le même laps de temps… autant de choses auxquelles nous n’étions peut-être plus habitués mais qui ont fait un bien fou. Ici, cette Ch’ti blonde symbolise un voyage décidé à la dernière minute dans la ville de Bergues, théâtre du célèbre film de Dany Boon.
Dans la catégorie « nos petites villes ont du talent », il semble nécessaire de mentionner le festival de la bière de Trazegnies (Place to Beer) mis en place il y a de cela quelques années. Lancé à l’initiative de la microbrasserie Zythologist, il regroupait au départ quelques petites brasseries locales et ne valait le détour que pour les aficionados et les personnes désireuses de soutenir le projet. Quel plaisir ici, après quelques années d’absence en ce qui me concerne, de constater que le festival a pris de l’ampleur au point d’être sérieusement soutenu par les autorités communales. Lors de cette année 2024, il regroupait quelques bonnes brasseries belges et françaises ainsi que les croates de The Garden et les roumains de Berreta qui étaient venus avec quelques merveilles dont la Sour I Am A Baker.
A nouveau une Hazy IPA de qualité de la part de la brasserie américaine de Other Half. On est sur la quintessence du houblon Strata qui est, ici, bien épaulé par un houblon Motueka de qualité. La bouche est bonne, les saveurs sont maîtrisées et la drinkability est assurée. Les goûts se situent entre fruits tropicaux, baies légèrement crémeuses et citron sucré. Les touches exotiques sont bien là et magnifient le breuvage jusqu’à la finale qui perdure dans le palais.
De couleur blond clair légèrement trouble, cette IPA offre des arômes fruités bien prononcés. On est sur des pêches pas encore mûres, de la mangue, du pamplemousse et des bonbons aux saveurs tropicales. Malgré le mélange pourtant classique des houblons Citra, Centennial et Simcoe, le breuvage propose une saveur de houblon stable et gouleyant qui tient bien dans la bouche. Touches herbacées et végétales mais trop prononcées. L’ensemble est bien équilibré, avec une bouche crémeuse qui ajoute à la drinkability générale.
Couleur blonde sombre et trouble. On est sur un nez bien houblonné qui offre des effluves à la base herbacées et vivifiantes. La bouche tourne bien autour du houblon qui reste légèrement sucré au cours de la dégustation. C’est enrobé, c’est doux mais on a aussi droit à une amertume dans la finale. Rien d’exceptionnel mais une I2PA de qualité qui se laisse boire.
Comme chaque année, nous allons parler des bières qui, indépendamment de leurs qualités intrinsèques, auront marqué cette année 2024 en ce qui me concerne. Il s’agit, comme vous l’avez compris, d’un classement purement personnel et il n’engage évidemment que moi. A cet égard, difficile de commencer à parler de mon année brassicole sans évoquer mon périple au Canada qui aurait été haut en couleurs…
Si, clairement, la bière est loin d’être excellente, elle m’aura été proposée à plusieurs reprises lors de notre voyage. La faute sans doute au frigo de nos « hôtes » qui ne contenait visiblement que cette IPA de la brasserie Archibald. Elle symbolise néanmoins à merveille l’hospitalité québécoise qui aura été le fil rouge de cette aventure de début d’année. J’aurai notamment eu l’occasion de la goûter lors de notre soirée d’accueil sur Laval et dans un restaurant où, de manière étonnante, les clients pouvaient amener eux-mêmes leurs boissons.
Peut-être pas non plus la meilleure des IPA que j’ai goûtée cette année mais elle symbolise à merveille une soirée un peu hors du temps du côté de Toronto. Entre BBQ de qualité, apéritif fort arrosé et concert musical, difficile de retranscrire pleinement les émotions liées à ce moment où nous avons, à nouveau, pu apprécier l’hospitalité des habitants du Canada. Ces deux nuits à Markham, près de la plus américaine des villes canadiennes, auront été ainsi marquantes à bien des égards. D’une part, parce qu’on aura vécu deux soirées plus que festives. D’autre part, parce qu’elles auront été la preuve que, qu’importe la distance, les liens familiaux restent importants.
La bière avait déjà marqué notre périple au Canada huit ans plus tôt, soit en 2016. Au cours d’une soirée dans la réserve Indienne de Oka, j’avais eu l’occasion de tomber sur un amateur de bonnes bières qui m’avait proposé le fleuron de LTM en le définissant comme l’une des meilleures bières qu’il avait eu l’occasion de goûter. Et à raison puisque ce Porter m’avait profondément marqué aussi. Quel magnifique rappel que de constater que cette personne n’avait pas oublié cet événement. Lors de mon passage cette année, j’ai ainsi eu le plaisir de goûter à nouveau ce Porter baltique de grande qualité. Et quelle dégustation ! Parfois, et même souvent, les bières que j’ai eu l’occasion de goûter dans le passé ont du mal à garder leur intérêt des années plus tard. Là, ce n’est pas le cas. La bière est restée telle qu’elle était dans mon souvenir : pleine de caractère et chaleureuse. Facilement, dans le top 3 des bières marquantes de cette année.
Une année 2024 qui aura été peut-être riche en bières de qualité mais qui m’a encore mal de quelques bières à A+ pour être considérée comme une grande année. Peut-être est-ce la faute aux choix de dégustation opérés par la rédaction, peut-être est-ce tout simplement dû à une légère lassitude provenant du palais de votre humble serviteur. Quoi qu’il en soit, la gamme Rackhouse de Lervig aura été présente tout au long de l’année pour relever le niveau. On notera également la progression presque fulgurante de la scène hispanique concernant le style IPA.
La Cuvée de Tomme est une Sour de qualité brassée par la légendaire (ou à tout le moins mythique) brasserie de The Lost Abbey. Au cours des années 2010 et 2011, la brasserie aura incarné la plupart de mes fantasmes brassicoles. Ayant dégustée une Ten Commandments et une Judgment Day (la version classique et la version pour la fin du monde selon le calendrier maya) au sein du Hoppy Loft (la section connaisseur du Delirium à Bruxelles du temps de sa gloire, actuellement passée), je me suis vite pris d’affection pour cette brasserie qui propose des classiques belges à la sauce américaine.
Pris d’une passion débordante pour cette brasserie, j’ai été amené à effectuer de nombreux déplacements jusqu’à Mi-Orge Mi-Houblon du côté de Neufchâteau pour déguster les mythiques Carnevale, Ten Commandments, Angel Share et Cuvée de Tomme. Ce sera cette dernière, présentée comme le fleuron de la brasserie, imaginée pour le gérant des lieux, qui retiendra tout particulièrement mon attention. Mélange délicat de framboises, effluves de Bourbon, corps puissant mais également gouleyant grâce à l’acidité offerte par la fermentation en fûts de chêne, difficile de trouver un véritable défaut à cette bière pleine d’originalité et de saveurs. Véritable étoile finale, le breuvage sera impossible, ou presque, à localiser dans les années qui suivirent
Quelle surprise lors de cette fin d’année 2024 de constater que la bière était disponible à l’achat. Le problème c’est que la seule version disponible était un millésime de 2012, soit une bière datée de plus de douze années. Vu l’aura de la bière, je dois admettre que je n’ai pas hésité une seule seconde. Et quel dommage ! Dire que la dégustation ne s’est pas bien passée est un euphémisme. Alors qu’on s’attendait à avoir un breuvage équilibré et plein de saveurs, on a plutôt eu une Sour extrêmement acide et très proche du vinaigre. Quel dommage que cette bière ait été réduite à cela… Visiblement le poids des années a été plus important…