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Le bullshit de Ratebeer – #2

Dans cet article, on va un peu examiner les notes démesurément élevées de Ratebeer, et notamment en ce qui concernent les bières trappistes ou dites d’abbaye.

L’exemple est bien choisi puisque la bière a été notée et commentée sur le blog il y a peu de temps. Alors, je pense que tout le monde conviendra du fait qu’il ne s’agit pas d’un mauvais breuvage. Mais de là à dire qu’il s’agit de l’excellence en matière de Tripel, il y a là un pas difficile à franchir, et ce même pour les utilisateurs de Ratebeer puisque, pour eux, la note ne peut dépasser le 3,86/5.

Alors, oui, quand on commence la bière, on peut être subjugué par une Triple belge basique comme la Saint-Feuillien, surtout si on a bu jusque là des lagers industriels et des bières sans goût. Mais, à partir du moment où on a découvert plus de cinq bières du même style brassicole, on ne peut plus tenir pareil discours. Sans froisser qui que ce soit, il faut tout de même admettre que la bière est correcte, mais rien de plus. Manque de goût et surtout manque d’équilibre (présence alcoolique fort présente) global. Dans les souvenirs, la bière ne passe pas le B-/C+. Rien de mauvais mais rien de fantastique.

Et pour finir, le comble du comble. Autant, je peux comprendre que les américains (présents en masse sur ce site) considèrent les 6 trappistes belges comme le Graal et vouent presque une vénération sans limite à ces dernières, autant, à un moment, il faut être objectif et reconnaître le fait que la bière soit estampillée trappiste n’amène aucune plus value, du moins gustative. Et c’est vraiment le cas ici. Dans mes souvenirs, la bière est extrêmement light pour une Strong Ale, presque sans goût et arômes marquants et ne représente nullement l’excellence ou la qualité en matière de Pale Strong Ale. Un exemple frappant du fait que la renommée d’une brasserie joue énormément dans la note donnée par Ratebeer.

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Le bullshit de Ratebeer – #1

Comme vous le savez certainement, le fameux Ratebeer.com est actuellement le site numéro 1 en ce qui concerne les notations de bière. Quasiment le premier à voir le jour dans le paysage numérique brassicole, il a bénéficié rapidement d’une renommée importante et s’est imposé comme l’influenceur le plus important dans le monde de la bière…

Est-il la légitimité absolue ?

La réponse est bien évidemment non. D’ailleurs, aucun site Internet ne peut se revendiquer d’être de l’objectivité la plus totale. Il y a toujours une part subjective lors de la dégustation de boissons. Néanmoins, malgré ce caractère purement subjectif, il n’en reste pas moins que certaines évidences s’imposent à tous. On ne peut, par exemple, pas dire qu’une Gueuze Cantillon est mauvaise sans devoir s’en justifier de manière motivée. Que l’on apprécie, ou pas, certains aspects du breuvage (parce qu’on aime pas le vineux ou l’acidité notamment), il n’en reste pas moins que cette bière est bonne. Alors est-ce que cela mérite un 80+ ou un 95+, la question mérite là le débat et il est évident que chacun aura sa propre sensibilité au moment de la notation d’une telle boisson.

Est-il pour autant sérieux ?

Le problème de Ratebeer, c’est qu’à certains moments, il représente un peu tout ce que je déteste concernant les notations dans le monde brassicole.

Primo, le principal problème est bien évidemment lié à l’algorithme totalement explosé utilisé par Ratebeer pour donner une note sur 100 à partir de notes sur 20 données par les utilisateurs. Honnêtement, je ne sais pas comment le système fonctionne mais parfois on est surpris par des notes de plus de 99/100 alors que sur /5, la bière obtient difficilement une note de 3,5/5 par les utilisateurs. Par ailleurs, je n’ai pas l’impression que certaines notes, données limite à la création du site, aient changé depuis alors que le nombre de reviews par des utilisateurs a inéluctablement augmenté.

Secundo, et les exemples sont assez frappants, la plupart des bonnes notes sont bien trop souvent basées sur la renommée de la brasserie ou de la bière en elle-même. Très rarement pour le goût. On part du principe que la bière est bonne jusque parce que tout le monde le dit, ou presque. Et le cas est flagrant pour certaines trappistes ou bières d’abbaye d’inspiration belge où la note sacro-sainte de 100/100 est donnée sans trop de difficulté alors que ces boissons ont bien souvent été reprises depuis par des gros groupes brassicoles et que leur qualité a baissé depuis de manière drastique.

Les cas d’espèces ne manquent pas et le but de cette série d’articles a pour intention première de mettre le doigt sur ce qui ne va pas…

02 - 90+, 03 - IPA

Peach x Blackberry

Peach x Blackberry Sour IPA – Arpus Brewing Company
(IPA – Sour Flavored)

Sur des bières Sour fruitées, la brasserie lettonne de Arpus lâche bien souvent du lourd. On n’échappe pas à la règle avec ce breuvage. Mûres sauvages odorantes au nez. Une attaque d’acidité propre aux Sour lors de l’entrée en bouche vient boxer le palais avec des saveurs de mûres juteuses. L’ajout de pêche n’est pas anecdotique. Outre son goût rond, il apporte de la douceur à l’ensemble de la boisson. A la fois forte en saveurs, drinkable et équilibrée (et ce malgré l’ABV relativement élevé). Dommage que le côté IPA soit aux abonnés absents. Ici, finalement, on a juste droit à de la (très bonne) Wild Ale.

A-

02 - 80+, 03 - Porter & Stout

Coconut x Vanilla

Coconut x Vanilla Imperial Pastry Stout – Arpus Brewing Company
(Stout – Imperial Pastry)

Les ajouts effectués lors du brassin sont directement perceptibles. Une bonne odeur de noix de coco (douce et vanillée) arrive directement aux narines. Lors de l’entrée en bouche, ces effluves sont toujours présents mais en nombre moindre. Le côté torréfié du malt prend alors le dessus et celui-ci accompagne la dégustation jusqu’au bout. Le côté vanillé se retrouve toutefois dans l’arrière-bouche mais il est plutôt discret et il va sans dire que la noix de coco aurait mérité un meilleur traitement. Dans tous les cas, et nonobstant les défauts précités, le breuvage est appréciable.

B

02 - 80+, 03 - IPA

Take The Long Way Home

Take The Long Way Home – 71 Brewing
(IPA – New England)

Une IPA New England sans surprise. Sans surprise mais sans conteste bonne… Le nez est aromatisé aux houblons à la fois fruités et résineux. Rien d’écrasant au niveau saveurs mais une harmonie fort agréable est présente. Bouche amère comme il faut. Levure Hazy. Finale correcte. Pas de fulgurance de la part de ce breuvage mais il offrira à son acheteur un moment que l’on peut qualifier sans difficulté de sympathique.

B

02 - 85+, 03 - Pale Ale

Turtles All The Way Down

Turtles All The Way Down – Duration Brewing
(Pale Ale – American)

Une très belle étiquette qui inaugure une APA tout ce qui a de plus classique dans le bon sens du terme. Effluves aromatiques de houblon, entre terreux et fruité exotique léger. En bouche, c’est facile à avaler, et ce nonobstant une belle amertume. Fin de bouche quelque peu banale, entre amer vert et piquant. Néanmoins, une Pale Ale qui passera très bien, a fortiori en terrasse un après-midi d’été. Une bonne APA comme on les aime…

B

02 - 90+, 03 - Pale Ale

Marylou

Marylou – Verdant Brewing Company
(Pale Ale – New England)

Pour une « simple » Pale Ale, le nez est une réelle explosion de saveurs. On y retrouve de l’agrume doux (Mandarina Bavaria), du citronné (Citra), du fruité exotique (Mosaic) et du raisin sec (Sauvin). Le tout est parfaitement équilibré et chacune des saveurs apporte une plus value indéniable. Ce n’est pas juste un ajout de houblon sans réflexion, loin s’en faut. La bouche est extrêmement agréable et le goût est évidemment présent. Une belle amertume accompagne d’ailleurs la dégustation de l’entrée en bouche jusqu’à la finale. A la fois explosion de saveurs, gouleyance remarquable et équilibre plus que maitrisé. Une très grande Pale Ale. Sans doute une des meilleurs que j’ai bue…

A-

02 - 85+, 03 - Sour

Fruitopia

Fruitopia – Basqueland Brewing Project
(Sour – Flavored)

Le cocktail de fruits est directement perceptible au nez. On y retrouve des abricots frais, de la goyave et des fruits de la passion. Au niveau des odeurs, on est entre le sucré/rond et l’acide. Les saveurs fruitées sont également perceptibles dans la bouche et le mélange est sympathique à la dégustation. Même si l’acidité est un peu trop en deçà pour une sour/wild, le corps est maîtrisé et la bière, à défaut de gravir les marches de l’excellence la plus totale, n’en reste pas moins très agréable.

B

02 - 80+, 03 - Farmhouse

Tonnellerie Rue

Bruery Terreux Tonnellerie Rue – The Bruery
(Farmhouse – Brett)

Nez typique de farmhouse américaine avec arômes de fermentation en fûts de chêne. Odeurs tanniques un peu surettes qui sonnent indubitablement rustiques. En bouche, le côté acide n’est pas vraiment plus développé que cela. On a certes du râpeux issu du seigle en arrière-bouche (ce qui est appréciable) mais c’est un peu tout. Le malté est proéminent. L’acidité des farmhouse aigrelettes et des wild ales n’est pas vraiment au rendez-vous. En vrai, lors de la dégustation, la bouche sonne finalement un peu incomplète et, nonobstant la finale sèche, on a une impression de trop peu…

B-

02 - 65+, 03 - Lager

Cara Pils

Cara Pils – Brasserie Jupiler
(Pilsner – Other)

Très léger au nez, quelques céréales ci et là. En bouche, c’est très aqueux, pas du tout de goût. Alors, il faut admettre que la bouche n’est ni dégoûtante ni salement artificielle mais il n’y a strictement aucune saveur. Juste de l’eau alcoolisée. Juste sympathique pour les soirées estudiantines à petit budget.

D