Malgré cette volonté des brasseurs de proposer une bière légère et rafraîchissante, reste cette sensation d’avoir tout de même quelque chose de sirupeux en bouche. Si le nez daigne nous offrir quelques arômes sympathiques de pamplemousse et de fruits exotiques (papaye notamment), l’entrée en bouche n’est pas nécessairement exceptionnelle. La faute à un houblon un peu sirupeux qui vient directement toucher à l’équilibre global de la bière. Pas une mauvaise cuvée mais pas non plus incroyable.
Une bière assez légère avec un nez aux arômes variés de citron et de pomme verte. On sent relativement bien le houblon pour une Pale Ale avec un ABV de 5,3. Le corps reste toutefois léger avec un arrière-goût de houblon vivifiant et résineux. Il ne se propage certes pas tout au long de la dégustation et il ne peut pas non plus être qualifié d’imposant au niveau du goût mais finalement, pas besoin d’en avoir plus. En effet, cette Pale Ale fait parfaitement son travail en proposant quelque chose de vivifiant et de rafraîchissant.
Triple Freaky – Funky Fluid (IPA – Triple New England)
Les houblons utilisés pour brasser cette bière sont vraiment aromatiques et cela se ressent dans le nez. Les effluves sont nombreuses mais on décèle rapidement le résineux des épines de pin, le pamplemousse amer et quelques touches de fraises des bois. En bouche, malgré l’appellation de Triple IPA, le breuvage passe bien. Alors, oui bien sûr, on prend quelques claques amères en bouche mais le tout reste assez bien équilibré (petites touches esthétiques ci et là malgré tout) pour permettre une dégustation sereine. Finale longue et aromatique qui offre la part du lion au houblon mais sans pour autant tout écraser sur son passage. Pour une bière à 9°, on ne peut pas dire qu’elle soit indigeste, loin s’en faut.
Breaking The Waves – Funky Fluid (IPA – Triple New England)
Impossible de cacher ces houblons en provenance de l’hémisphère sud. Le Nelson Sauvin et ses arômes puissants ne peuvent malheureusement (ou heureusement) passer inaperçus. Le bouquet nasal est essentiellement basé sur des agrumes amers et des raisins blancs. En bouche, même constat : fond de houblons amers, âpreté et agrumes/raisins. Longue fin de bouche relativement bien amère avec une petite présence alcoolique pas indispensable. Ça se boit, certes, mais ça ne brise pas non plus les vagues…
Brown Sugar – Funky Fluid (Brown Ale – Imperial Flavored)
Malgré la transparence de la bière, les arômes sont forts en goût. Au nez, le caramel de dessert est évident. Cette sensation se confirme en bouche où l’on parvient, à ce moment, à déceler des arômes de noisette (même si un peu artificiels), de vanille et de cannelle. Des saveurs bien amenées et qui se complètent à merveille en bouche. Le tout dans un corps léger et facile à boire. Si on peut regretter toutefois le manque de robustesse de cette Imperial Brown Ale, on devra néanmoins s’incliner devant la gouleyance d’une bière brune de cet ABV.
Les créateurs de Funky Fluid assurent que la bière a été brassée avec de grandes quantités de banane, de mangue et de citron vert. Ils ne mentent clairement pas. Au nez, les fruits sont bien présents, la banane en tête, le citron vert dans la finale pour amener ce petit twist acidulé. Le défi est réussi : on a vraiment l’impression de mettre son nez dans un smoothie (assez léger et très doux) aux fruits. En bouche, le breuvage suit le même parcours. On est sur un corps un peu lacté, un peu pulpeux de fruits exotiques. Sincèrement, on ne peut pas dire que cette création passe à côté de son propos. Juste qu’on a un peu du mal à déceler la bière dans tout cela. Pas d’amertume, pas d’acidité, pas de fruité qui punche. Si le breuvage respecte les codes de la Fruited Beer, il manque tout de même de caractère…
I Remember My First Check-In – Funky Fluid (Wheat – Berliner Weisse Flavored)
De couleur ambre transparent, cette bière ajoute à une base de Berliner Weisse une essaim de prunes pour célébrer les 5 ans du site Untappd. Si, esthétiquement, on peut trouver le choix de type de bière un peu étrange pour pareille célébration, on restera surtout surpris par le manque d’audace et de caractère du breuvage. Alors, peut-être que certains trouveront que les prunes trop vertes se marient bien avec la blanche acide mais, personnellement, je reste dubitatif face à pareille superposition des saveurs qui n’amène rien d’exceptionnel. On est sur de l’acidité aigrelette. Elle est d’ailleurs omniprésente, ne comblant malheureusement pas une absence de fruité et un équilibre peu agréable.
Daily Hazy APA – Funky Fluid (Pale Ale – New England)
On retrouve ici de beaux arômes d’agrumes dans le bouquet nasal. On est à la fois sur des oranges pas encore mûres et sur des citrons japonais amers, ce qui s’explique notamment par le choix des houblons utilisés (Lemon Drop et Citra). Toutefois, malgré cette très belle entrée en matière olfactive, le reste de la dégustation déçoit. La faute à un corps trop léger et peu marqué en saveurs, et ce malgré le hoprate assez élevé (17 g/l). On dirait vraiment que malgré les bonnes intentions des brasseurs (qui ont utilisé pas moins de six houblons différents), le résultat final n’est pas celui escompté.
Autant l’illustration est extrêmement sympathique, autant la bière en elle-même est loin d’être extraordinaire. Alors, oui, on sent le côté farmhouse au nez avec ses touches un peu terreuses et céréalées. Mais c’est un peu tout. Il n’y a rien de plus à part cette sensation « enrobante » de houblon doux et de malt légèrement sucré. Ça se laisse boire mais ça ne marque pas l’esprit…
Les danois de Dry & Bitter confirment leur maîtrise sur le genre IPA…
Le style IPA est sans conteste un des plus difficile à maîtriser. A mon humble avis, ce type de breuvage est caractérisé par deux choses essentielles : des saveurs marquées de houblon et un équilibre qui permet à la bière d’être dégustée à tout moment, et tout particulièrement en remplacement d’un apéritif classique. Concilier ces deux choses n’est pas une mince affaire. Ici, force est de constater que les dernières créations de nos brasseurs danois préférés respectent à merveille ce cahier des charges. On jongle entre des houblons tropicaux, fruités et surtout aromatiques tandis qu’un effort notable est effectué au niveau de l’équilibre (surtout aussi au niveau de la gouleyance) notamment dans les Double IPA. On ne tombe pas dans la facilité de vouloir surcharger lesdites bières avec des saveurs en tout genre ou une kyrielle de houblons qui ne se marient peut-être pas ensemble. Tout est maîtrisé. L’équilibre est le maître mot et le plaisir n’en est que plus grand. Pour ce mois de juin 2021, j’ai donc décidé de mettre à l’honneur quelques créations de Dry & Bitter, et notamment la gamme céleste Winter Skies.
Oculus Orbus (94/A) // Trading Places (94/A) // Winter Triangle (86/A-) // The Great Square Of Pegasus (89/B+) // Metamorfose (84/B)
Les styles IPA se marient généralement bien avec des mets aux saveurs prononcées. Les plats de porc, par exemple, se dégustent très bien avec des IPA plutôt riches. Ici, étant donné la drinkability des bières proposées, ainsi que les goûts à la fois résineux et fruités, je propose de les associer avec des brochettes marinées de viande rouge cuites au barbecue. Pour un mois de juin, cela devrait être de saison.