Malgré une décrépitude évidente de la scène brassicole belge, il reste des brasseurs avant-gardistes qui continuent de produire d’excellentes créations. Rulles en fait assurément partie. Tout comme la Source (dont les louanges ne sont plus à faire sur ce site) qui a réussi à relancer, avec brio, le style de la Gruit durant toute cette année.
Nez de whiskey « peated pot » qui devient presque vineux. C’est assez fort mais c’est surtout fort en saveurs. L’entrée en bouche se fait sur un whiskey aux saveurs puissantes. On est rejoint par du charbon de bois costaud mais le tout est de qualité. Cette entrée plus ou moins brut migre, au fur et à mesure de la dégustation, vers le liquoreux, faisant découvrir les puissantes et complexes saveurs du Scotch de Bowmore. Plaira clairement aux amateurs de ce spiritueux.
Mauvaise Herbe : Dandelion – La Source Beer Company
(Sour – Gruit)
Nez vineux et acide comme un Lambic. C’est très herbeux/végétal et à la fois aigrelet aussi. L’attaque en bouche est incontestablement lactique. On est vraiment sur des végétaux acides. Cette acidité est d’ailleurs présente tout au long de la dégustation et cela tient bien en bouche. Très acidulé dans la finale. Ce style Gruit mixant côté herbacé de plantes sauvages (ici, le pissenlit) et le côté acidulé des Wild Ale est décidément très intéressant.
Dry Hop January 2023 DDH NEIPA – La Source Beer Company
(IPA – New England)
Houblon saturé en agrumes. L’objectif des brasseurs de produire une bière aux saveurs tropicales est clairement accompli. La bouche est amère comme il faut. On est sur un bon houblon vert persistant qui propage une saveur juteuse dans le palais. Cela se boit facilement et les goûts sont vraiment là.
Quand le nom de la bière est adapté (sans le vouloir) au moment où elle est dégustée… Cette Insomnious est expressément destinée aux soirées entre amis, organisées sans but précis et qui se terminent bien souvent (trop) tard. Des soirées sur fond de bières de qualité et de sessions de jeu vidéo. Au final, quelle meilleure brasserie que la californienne 8 Bit Brewing et quelle meilleure bière que cette création insomniaque pour symboliser tous ces moments, en nombre de plus en plus élevé depuis la crise du Covid ?
A nouveau une bière de qualité médiocre pour symboliser un voyage à l’étranger. Ici, c’est un Lager sans goût qui représente le mieux ce voyage ensoleillé effectué fin décembre au Sénégal. Alors, certes, il ne fallait pas s’attendre à des bières de niveau mondial dans un pays qui n’est pas porté sur la culture brassicole mais quand même. Cette bière insipide aurait finalement été aux antipodes de ce périple haut en couleurs. Une bien belle manière de commencer, et de finir l’année…
La saveur principale que l’on hume lors de la dégustation est le malt torréfié classique. Celui-ci tire d’ailleurs sur un café peu dosé, coupé à l’eau ou au lait froid. C’est très doux en bouche. Saveur dominante de café léger au lait. Facile à boire. Finale un peu amère (offerte par le houblon Simcoe) mais on reste indubitablement sur le café pour le surplus.
Le nez est vraiment axé sur le spéculoos qui devint vite envahissant étant donné qu’il tire assez rapidement sur le sirupeux. En bouche, cette saveur de spéculoos reste prédominante. Elle éclipse les autres goûts qui auraient dû permettre une dégustation plus éclectique (malt torréfié, dessert, …). Finalement, à part le spéculoos (qui sonne un peu trop liquoreux et peu digeste), on ne peut guère goûter autre chose et c’est clairement dommageable.
Nez de céréales un peu houblonné mais sans plus. On y perçoit également une petite touche acidulée dérivant sur les fruits rouges mais ce houblon qui devient vite âpre n’est pas des plus agréables. On est sur un corps de céréales avec une douceur propre au riz. Ci et là quelques touches sèches de raisin blanc mais en règle générale, un manque de consistance notable pour une DIPA. Léger et sans vraiment de personnalité propre.
Nez de houblon Strata bien affirmé. On est sur des saveurs légères de fruit de la passion et un peu granuleuses de noix de coco. Les effluves perceptibles ne s’arrêtent pas là puisqu’on découvre également de l’huile de cannabis au nez. Ce joli melting-pot de saveurs se retrouve également en bouche, où le houblon Strata s’exprime, de labiey, certes, plus modérée. Ce n’est pas original. Ce n’est pas décapant mais c’est agréable en bouche et, au final, c’est un peu le but premier d’une bière.
Véritable tour du monde dans cette catégorie des bières à haute fermentation qui s’avère diantrement plus consistante que l’année précédente. Et avec de vraies surprises dont on espère qu’elles pourront conserver leur identité propre nonobstant les velléités purement commerciales des groupes brassicoles auxquelles elles appartiennent.