Nez costaud. Malgré l’ABV qui n’est pas si élevé que cela (un peu plus que 10 %), on perçoit directement que le breuvage n’est pas là pour plaisanter. On est sur des arômes puissants de liqueur de café et de malt torréfié qui est presque cramé. C’est imposant. La bouche est, elle, sur un chocolat noir très intense, presque dur. La première attaque est puissante mais pure. Les goûts tournent en partir autour de ce malt torréfié qui rappelle le chocolat noir des grandes maisons de chocolatiers. Café noir aussi. Ce n’est que lors de la finale que la bière nous rappelle le goût de la fraise de dessert. Goût très discret du fruit et de la vanille. On est vraiment dans la suggestion. Juste ce qu’il faut, pas plus. Les goûts ne sont pas trop sucrés et l’ensemble est très bien équilibré.
Couleur sombre avec mousse brunâtre. Nez évident de dessert. Les effluves perçu tourner essentiellement autour de la noix et du flan. La bouche est plus classique. On n’est pas dans un dessert puissant. On est sur quelque chose de doux et de pas trop sucré. Le breuvage n’en est pas moins intéressant. Les goûts tournent essentiellement autour des noix, du caramel et du chocolat fourré tout en fournissant un ensemble cohérent, pas trop alcoolisé, à la fois doux et un peu toasté.
Couleur pêche foncée. Le nez est acidulé comme une farmhouse dopée à la Brett. La base du breuvage aurait été une IPA mais on ne la perçoit pas vraiment. Le corps est aigre. Quelque touches tanniques dans le palais (pêches acidulées) mais aussi une rondeur assez intéressante qui rend l’ensemble du breuvage assez drinkable. On dirait une Mésange de la même brasserie mais avec plus de consistance en bouche.
Pour ce troisième numéro des bières qui ont marqué mon année 2024, je vais proposer trois bières qui auront marqué les voyages que nous avons effectué à partir de la seconde moitié de l’année, respectivement les périples en Pologne, en Alsace et au Mexique.
Comment parler autrement d’un voyage en Pologne qu’avec une bière de la brasserie Funky Fluid. Non sans difficulté, j’ai réussi à convaincre le groupe qui nous accompagnait au cours de ce city-trip à se rendre dans un bar de craftbeers à proximité du quartier juif de Cracovie. Quel plaisir d’y retrouver à la carte les plus grandes brasseries polonaises : Pinta, Funky Fluid ou encore Maltgarden. Finalement, c’est la bière au nom de la star portugaise du football qui aura le plus marqué les esprits, tant par les saveurs proposées que par les liens avec l’Euro 2024 qui se déroulait au même moment.
Même si ce voyage en Alsace n’aura duré que le temps d’un long weekend, il aura marqué les esprits. D’une part, par le nombre d’activités que nous avons réussi à faire durant ces trois jours. D’autre part, par le nombre de restaurants et de bars à vin par lesquels notre imposant groupe sera passé, laissant bien souvent derrière lui des bouteilles de Pinot blanc ou de Gewurztraminer vides. Au milieu de cette avalanche de raisins verts (un peu le but de notre voyage), j’ai réussi à goûter quelques bières, dont ce breuvage au pain d’épices de la brasserie les Intenables, trouvé un peu par hasard dans un des nombreux magasins atypiques de Riquewihr.
Le Mexique est un magnifique pays. Un merveilleux compromis pour les amateurs de plage de sable fin et d’eaux turquoises (cenotes et îles paradisiaques) et les amateurs d’histoire, de merveilles archéologiques et architecturales. Le meilleur des deux mondes pour un pays d’Amérique centrale. Au cours de ces deux semaines au pays du serpent à plumes, j’aurais tendance à épingler cette Indio, dégustée sur un bar en bord de plage sur cette île à deux visages de Isla Mujeres.
Belle robe pourpre aux effluves qui font invariablement penser à une maturation en fût de Bourbons. Les arômes sont riches, on sent aussi les fruits, le biscuit et les tanins. La bouche est très agréable. Bon, le breuvage conserve une certaine légèreté et une drinkability intéressante. L’acidité des mûres est dominante. On est sur une Wild Ale essentiellement basée sur le côté acidulé des baies rouges. Ça marche plutôt bien. La vanille et les biscuits sont très discrets. La finale est longue, acidulée et porte une certaine âpreté probablement issue de la maturation en fûts.
Beaucoup de saveurs au nez. On est essentiellement sur les abricots et les pêches qui se développent bien au cours de la dégustation. Le côté malté propre à ce type de bière est également perceptible. La bouche est assez lourde et c’est dommage. Les céréales prennent de la place et donnent une finale trop sirupeuse pour ce type de bière.
Nez beaucoup plus porté sur les céréales que les autres DIPA du genre. On retrouve des agrumes dans le nez mais surtout dans la bouche. Les saveurs viennent du pamplemousse et de l’orange. Le houblon devient un peu sirupeux au cours de la dégustation mais les saveurs tournent néanmoins autour de l’amer. Une DIPA de bonne qualité. Pas incroyable mais très correcte.
Parfois, il n’y a pas besoin d’une occasion pour bouger et partir à l’aventure. De manière surprenante (mais non moins emballante), l’année 2024 aura été l’année des weekends à l’étranger sans préparation aucune. Sac à dos préparé à la dernière minute, réservation d’hôtel ou de gîte dans le même laps de temps… autant de choses auxquelles nous n’étions peut-être plus habitués mais qui ont fait un bien fou. Ici, cette Ch’ti blonde symbolise un voyage décidé à la dernière minute dans la ville de Bergues, théâtre du célèbre film de Dany Boon.
Dans la catégorie « nos petites villes ont du talent », il semble nécessaire de mentionner le festival de la bière de Trazegnies (Place to Beer) mis en place il y a de cela quelques années. Lancé à l’initiative de la microbrasserie Zythologist, il regroupait au départ quelques petites brasseries locales et ne valait le détour que pour les aficionados et les personnes désireuses de soutenir le projet. Quel plaisir ici, après quelques années d’absence en ce qui me concerne, de constater que le festival a pris de l’ampleur au point d’être sérieusement soutenu par les autorités communales. Lors de cette année 2024, il regroupait quelques bonnes brasseries belges et françaises ainsi que les croates de The Garden et les roumains de Berreta qui étaient venus avec quelques merveilles dont la Sour I Am A Baker.
A nouveau une Hazy IPA de qualité de la part de la brasserie américaine de Other Half. On est sur la quintessence du houblon Strata qui est, ici, bien épaulé par un houblon Motueka de qualité. La bouche est bonne, les saveurs sont maîtrisées et la drinkability est assurée. Les goûts se situent entre fruits tropicaux, baies légèrement crémeuses et citron sucré. Les touches exotiques sont bien là et magnifient le breuvage jusqu’à la finale qui perdure dans le palais.
De couleur blond clair légèrement trouble, cette IPA offre des arômes fruités bien prononcés. On est sur des pêches pas encore mûres, de la mangue, du pamplemousse et des bonbons aux saveurs tropicales. Malgré le mélange pourtant classique des houblons Citra, Centennial et Simcoe, le breuvage propose une saveur de houblon stable et gouleyant qui tient bien dans la bouche. Touches herbacées et végétales mais trop prononcées. L’ensemble est bien équilibré, avec une bouche crémeuse qui ajoute à la drinkability générale.