Une version un peu dispensable de la fameuse Leffe de AB InBev puisqu’elle ne présente finalement qu’une variation de 1,5 ABV avec la première. On dirait vraiment qu’on a fait le nettoyage des fonds de cuve chez le brasseur et qu’on en a tiré une boisson. Les saveurs à la fois enrobées et artificielles de la Leffe sont bien présentes mais en moins prononcées. L’avantage, c’est que l’on est moins incommodés par des goûts peu agréables car ils sont plus diffusés. Le désavantage c’est que l’on a, à nouveau, une bière sans intérêt.
Un design avant-gardiste pour une bière que l’on peut finalement qualifier d’assez conventionnelle. Le nez reste léger. On est pas confronté à de la puissance au niveau des saveurs mais les saveurs de houblon vert sont bien là. Même en bouche, l’amertume est présente mais loin d’être envahissante. Les houblons utilisés (Citra, El Dorado et Talus) ne sont certainement pas les plus agressifs connus. Ils offrent néanmoins des goûts d’agrumes amers qui se marient parfaitement avec le corps relativement léger de la bière. Le tout est assez drinkable et passe bien à la dégustation.
North x IMBC Somehow Lose Glass – North Brewing Company
(IPA – International)
La bière fait la part belle aux houblons utilisés. Le nez est puissant, le houblon vert est présent et il dégage des effluves de pamplemousse rose amer. Toute cette amertume se développe également dans la bouche. D’une façon un peu monolithique (je regrette le côté un peu trop dans la puissance et pas assez dans les goûts) mais suffisamment persistante pour laisser une bonne impression.
Les brasseurs promettent avec ce breuvage une véritable glace à la vanille et on peut dire qu’ils n’ont pas vraiment tort. Ici, au contraire de nombreuses bières qui utilisent cette épice, la vanille est présente en masse. Que ce soit au nez ou en bouche, on est vraiment sur un nuage de mousse vanillé. L’équilibre est d’ailleurs respectable puisque, nonobstant la présence non négligeable de cette saveur, on ne verse jamais dans le trop sucré. La gouleyance est de mise, façon milkshake, avec parfois de petites touches épicées un peu plus piquantes dans l’arrière-bouche. Dommage, finalement, que l’IPA soit totalement inexistante…
Couleur ambrée assez prononcée. Le nez sent un houblon un peu résineux et malté à la fois. En bouche, ce sont ces caractéristiques qui prédominent. Le houblon utilisé (Simcoe) est un peu lourd et sirupeux. Le corps reste houblonné correctement mais la bière manque vraiment de fraîcheur. On reste du début à la fin sur ce même houblon un peu suranné et ce n’est pas incroyable, loin s’en faut.
Dans une Berliner aromatisée, il me semble qu’il faut tout de même que l’acidité soit là. Au minimum percutante et faisant corps avec le fruité pour proposer une sensation aigrelette et vivifiante. Rien de tel ici, l’acidité est plus que discrète, voire insignifiante. Le fruité est aussi aux abonnés absents. Ça sent un léger sirop de mangue mais il ne se dégage aucun intérêt manifeste à la dégustation. C’est plat. Et, puis, ce n’est pas méchant mais avec une Sour à la mangue (soit le style de bière acide le plus courant avec les fruits de la passion), il faut amener un certain niveau de qualité pour prétendre à autre chose qu’à la médiocrité.
Dans l’article précédent, vous avez eu l’occasion de constater que, qu’importe le style utilisé, il est parfaitement possible de réunir les deux critères dont nous avons eu l’occasion de parler dans le premier article de cette série et de sortir une grande IPA. Dans ce dernier article, on va s’attarder sur d’autres IPA qui n’ont de toute évidence pas réussi à s’imposer comme de grandes IPA ou même comme de bonnes IPA…
Comme quoi même les meilleurs brasseurs peuvent se planter. Si, sans conteste, avec un ABV de 2,2, le deuxième critère (celui de la gouleyance) est respecté à la lettre, le premier critère est totalement absent. A aucun moment, le houblon n’est mis en avant. On a juste une amertume légère un peu piquante et surtout quelconque en bouche. C’est clairement insuffisant. Seul le critère de drinkability est respecté. Pas grande IPA.
L’exemple ici est un petit peu plus interpellant que le précédent car on est clairement face à une bière qui est correcte et qui pourrait même être qualifiée de bonne par certaines personnes. Mais la question de cet article n’est pas de définir une bonne IPA mais bien une grande IPA. Dans cette optique, il faut apprécier si le houblon est bien mis en valeur. Et la réponse n’est pas inconditionnelle. Oui, on sent le houblon mais est-ce qu’il est vraiment placé sur un piédestal ? La réponse est malheureusement non. Au niveau de la gouleyance, le questionnement doit rester le même. Est-ce que la bière se boit ? Oui. Est-ce qu’elle est drinkable ? Non. Les deux critères ne sont pas totalement respectés. Pas grande IPA.
Et enfin, pour finir cet article, une TIPA issue de ce qu’on pourrait dire une (très) bonne brasserie. Alors, au niveau du critère des saveurs, pas de difficulté. Le houblon est roi. Les saveurs sont puissantes, affirmées et nombreuses. Le problème, c’est que l’ensemble est difficile à boire. On est vraiment sur du concentré de houblons et ce n’est pas très agréable lors de la dégustation. Encore une fois, la question de l’équilibre (encore plus en matière de TIPA) est extrêmement important. On ne peut pas combiner tous les houblons que l’on veut pour créer des saveurs inédites et/ou puissantes sans se pencher sur la question de la drinkability du breuvage. Qu’importe les saveurs utilisées, pour faire une grande IPA, il faut que la bière reste sessionnable. Sinon on parle d’autres choses (Barleywine, Strong Ale, …). Le critère de drinkability n’est pas respecté. Pas grande IPA.
De couleur or transparent, le breuvage pose directement le décor. On est sur de la pils et le nez, au malt du même nom, est là pour le confirmer. Tant au nez qu’en bouche, les goûts sont assez discrets, pour permettre ainsi une certaine gouleyance propre aux lagers. Le twist est ici donné par une légère amertume houblonnée qui est distillée tout au long de la dégustation, ce qui permet au breuvage de se démarquer des autres lagers basiques. On est certainement pas face à de l’exceptionnel mais les bases sont maîtrisées, et on obtient un résultat convaincant.
Couleur orange claire. Effluves maltées qui rappellent le style de la Belgian Pale Ale mais avec des touches assez prononcées d’orange et, plus subtilement, de fleur d’oranger. Le corps est dans le même acabit. Ça reste facile à boire avec des goûts résolument belges. Rien de surprenant (si ce n’est un corps tout de même assez robuste avec des saveurs de zeste d’agrumes) mais, indubitablement, quelque chose de correct en bouche.
Autant je n’ai aucun mal à déguster des bières capiteuses avec des goûts parfois fort prononcés, autant j’ai vraiment du mal avec l’équilibre global d’une bière. Ici, on ne peut pas vraiment dire que les goûts ne sont pas au rendez-vous. Les brasseurs bruxellois de la Source ont en effet l’habitude de proposer des bières de caractère. Ici, le problème semble ailleurs. Le nez est fort liquoreux, avec des effluves de chocolat fourré mais aussi de fruits noirs. La comparaison avec les Quad est inéluctable. En bouche, les fruits macérés dans l’alcool se font sentir. Un peu trop pour un Porter. Mélangés avec une forte présence amère issue de la torréfaction du malt, ils rendent le breuvage très (trop ?) costaud en bouche. On passe un peu à côté des saveurs proposées et on reste presque uniquement sur le côté alcoolisé.