Alors, ici, on est vraiment sur un nez extrêmement doux, voire crémeux de dessert liquide. On sent distinctement les fèves de cacao ainsi que la vanille utilisée. La bouche souligne, gustativement, les saveurs olfactives. On est sur du dessert doux, malt torréfié pas rugueux, sensation de liqueur de chocolat au lait vanillé en bouche. Pas de fausse note, pas de lourdeur excessive.
De grands noms et surtout beaucoup de qualité pour cette catégorie relative aux Porters. On retrouve ainsi les brasseries slaves de Pohjala et de Sori, habituées à sortir de grosses cartouches torréfiés. Founders montre une fois de plus la qualité – toujours irréprochable – de ses standards tandis que la brasserie Beerbibliotek (aux bières à la qualité assez variable) vient placer une de ses meilleures créations dans le top des Porters américains.
Stout – Coffee
Stout – Coffee Imperial
Les Stouts (surtout impériaux) au café auront vraiment eu le vent en poupe cette année. L’alchimie est incontestable. Et la brasserie de Northern Monk a eu l’occasion, par le biais de la gamme Patrons Project, de mettre ce condiment à toutes les sauces, et ce, avec souvent beaucoup de réussite.
Stout – Imperial
Stout – Imperial Barrel-aged
Stout – Imperial Flavored
Les grandes brasseries historiques ont aussi eu l’occasion de placer de grosses bières dans les plus hautes strates de leurs catégories respectives. Le Raspberry Halo est à nouveau nommé, pour, ici, des raisons évidentes de qualité. The Bruery démontre, si besoin en était encore, son amour pour les bières sombres aux ABV élevés et aux goûts affirmés. Et, enfin, par sa gamme clairement éclectique, Funky Fluid faire couronner son Stout mûri en fûts de whiskey tourbé. Du très costaud à ce niveau-là.
Stout – Milk
Stout – Milk Imperial
Stout – Oatmeal
Durant cette année, j’ai clairement constaté que des genres plus particuliers de Stout ont été clairement mis en retrait pour des créations peut-être plus originales et peut-être plus fortes en saveurs. Conséquence sans doute inévitable d’une évolution vitesse grande V, les Milk Stout se sont vus inéluctablement remplacés par toutes sortes de Pastry Stout. Reste ici les meilleurs représentants 2021 du genre, dont notamment la gamme de The Garden, de très haute volée.
Stout – Pastry
Stout – Russian
Stout – Wild
Dire que le genre Pastry Stout a survolé l’année 2021 est un euphémisme. Dans toutes les gammes des brasseries un peu tournées vers l’avenir, on a vu fleurir de nouveaux Stouts aux saveurs évidentes de dessert. Et, à l’instar des Hazy IPA, ces créations ont vraiment été de haute volée. Le Double Barrel Dark Matter de Funky Fluid en est clairement le digne représentant. Sans aucun doute, une des meilleures bières dégustées en 2021, si pas la meilleure. Pas non plus de fausse note pour Raduga qui a mixé magnifiquement la torréfaction du malt avec les tannins du vin rouge, ni pour La Source qui a clairement posé son nom dans la cour des grands lors de cette année passée.
Odeurs sympathiques de fruits secs et de sucre candi. On est dans les valeurs de la Belgian Dark Ale. L’entrée en bouche met en évidence les saveurs de malt torréfié. C’est agréable en bouche, pas trop agressif et ce backup d’épices typiquement belges renforce la solidité de l’ensemble.
Nez assez bien aromatique. On est sur des touches de fruits jaunes (légers) propres aux Tripels. On perçoit également des épices typiquement belges lorsque l’on hume la bière. En bouche, on est en terrain connu. Quelques touches éthériques dues à l’ABV assez élevé de la bière, mais pour le reste malt classique et corps enrobé. Reste tout de même très agréable à boire pour un vieux classique.
Personnellement, je n’ai rien contre les bières fruitées. Mais, ici, il ne faut pas se voiler la face tant le fruité est artificiel. On a l’impression très nette que les brasseurs ont vidé le pot de sirop de sucre à la cerise pour créer cette bière. Et ce n’est pas sympathique à boire. Les saveurs des fruits rouges goûtent le jus de bonbon et sont très vite écoeurantes. A éviter si on respecte un tant soi peu les fruits.
Le genre Belgian a encore de beaux jours devant lui. Concernant à ce qu’on pourrait penser en lisant ce blog, les classiques belges restent de qualité, même comparées aux nouvelles créations originales de brasseries souvent plus avant-gardistes. Les américains de Hoppin Frog et de Equilibrium complètent agréablement le tableau des vainqueurs.
Bière de Champagne
New England
Dans cette catégorie des Pale Ales, on constate que les archétypes ont la peau dure. Malgré la reprise de la brasserie par InBev (qui a insufflé un marketing étouffant à la Triple Karmeliet), Bosteels place le fleuron de sa gamme au sommet de la catégorie des bières brut. Et, enfin, dans le genre New England Pale Ale, la Marylou continue de ravir les palais.
Pas si mauvais que cela pour une bière industrielle produite en masse. On a un nez assez odorant qui offre quelques touches de baies de genièvre au-delà du malt classique de Lager. En bouche, très classique, facile à boire mais sans saveur particulière. On regrettera quand même la fin de bouche un peu piquante. L’amertume est là mais elle est artificielle et le goût n’est pas très bon.
On commence cette année 2022 avec un mix entre la Pologne et le Pays du Soleil Levant…
Dans un top précédent, il avait été question de la gamme italienne de chez Freddo Fox. Sans que les bières proposées ne soient nécessairement outstanding, elles avaient retenu mon attention par le simple fait que les étiquettes étaient agréables à l’oeil. Et même si cela peut prêter à sourire (notamment chez certains puristes), le marketing joue indubitablement son rôle, même dans le monde de la craft beer. On est à nouveau dans ce cas de figure. Et avec la qualité craft polonaise.
En ce qui concerne les accompagnements, j’aurai tendance à tenter ce trio de bière sur un dessert. La Ronin sur une tarte au citron, la Katsumoto avec une macédoine de fruits et la Sakura à la place du thé.
Couleur abricot très nuageux. Au niveau du nez, on est sur des agrumes classiques (Citra) et quelques touches à la fois résineuses et exotiques. L’entrée en bouche, même si elle manque de punch, offre quelques saveurs agréables de houblon frais. L’amertume est bien là mais la bouche (et l’arrière bouche) reste tout de même assez légères, même pour une IPA de base.
Objectivement, c’est un breuvage qui sent bon au nez. Les effluves sont principalement celles des houblons aromatiques. On est sur des fruits exotiques sympathiques. Nez propre au style de Hazy IPA. Bonne tenue en bouche également. L’amertume tient bien au palais sans être trop agressive. Par ailleurs, la bouche est rehaussée par un piquant revêche de houblon Nelson Sauvin. Pas de fin de bouche costaude mais une gouleyance très intéressante tout au long de la dégustation.